Les Barbares
Published by Raphaël décembre 12th, 2006 in ThéâtreC’est par Losing My Religion de R.E.M. (en anglais puis en français) chanté par Pascal Dickens (que l’on peut voir aussi de temps en temps chanter dans les rues de Caen) que Les Barbares est introduit. Cette pièce de Maxime Gorki écrite au début du XXième siècle (avant la révolution russe) est adapté et mise en scène par Eric Lacascade qui a réunit autour de lui à peu près la même équipe que lors de ses adaptations de Tchekhov.
20 comédiens sur scène, c’est beaucoup et c’est tant mieux. La pluspart de ces comédiens jouent les petits notables, commerçants ou paysans d’une petite bourgade russe un peu perdue. Ils attendent deux ingénieurs venus installer le chemin de fer. L’un prendra tout ce petit monde de haut avant de finir plutôt accablé, tandis que l’autre se montre plus conciliant. Entre servilité, conflits d’intérêt, abus de pouvoir, vulgarité, ambition, politique les relations se nouent difficilement. Et bien sûr l’amour jouera son rôle, la femme des inspecteur des contributions ne pense qu’à l’amour, au milieu de trois hommes plus ou moins épris. Evidemment tout ça a de grandes chances de mal se finir.
Après une première partie montrant la rencontre plutôt méfiante de ces deux mondes, une deuxième partie assez orgiaque fait penser aux films de Kusturica avec son banquet alcoolisé et salissant et sa fanfare entraînante. Les dialogues sont vifs et se répondent parfois quasi-simultanément d’un coin de la scène à l’autre. Avec toute cette activité on ne suit finalement que moyennement l’histoire mais ça n’est pas forcément ce qui m’intéresse le plus de toute façon. Quand on y revient dans la dernière partie, plus sobre et sombre, la pièce devient finalement un peu plus banale même si les désillusions des uns et des autres restent intéressants.
On peu noter un très beau travail sur les lumières (avec les projecteurs ou les guirlandes présentes sur scène) et sur le son (j’y ai recconnu du Cat Power, du Silver Mount Zion (je crois) ou du Bashung) et une chorégraphie des personnages intéressante qui n’a pas du être évidente vu la foule sur scène. Les acteurs sont bons, notamment Christophe Grégoire, impeccable en ingénieur colérique qui finira par descendre de son pied d’estale, Frédérique Duchêne à la fois sensuelle, rêveuse et intense et Millaray Lobos à la mobilité et à la diction étonnante.
Quelque passages un peu plats (mais bon, sur 2h50) mais cette pièce réussit à allier une vie en commun mouvementée et quelques réflexions entre vie moderne et archaïque.
La pièce se joue jusqu’à vendredi au Théâtre d’Hérouville.

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