Transmusicales de Rennes 2007 - Jeudi
Published by Raphaël décembre 12th, 2007 in Musique, Concerts
Depuis quelques années les Transmusicales, un des plus vieux et sûrement le plus défricheur des festivals français, s’est exilé hors de la ville, au parc des expositions, dans la froideur de grands hangars entourés par la bleusaille. Ce jeudi c’est particulièrement visible parce que la foule n’est pas très présente surtout en ce début de soirée et un coup d’œil ans à l’immense hall seulement rempli de deux-trois bars et de fauteuils et de tables vides (sans même une animation musicale) a de quoi filer le bourdon. Un seul remède enchaîner les concerts et les tickets boisson.
Ceux qui ouvrent le bal se nomment My Federation, un combo rock anglais avec un chanteur iranien. Un son très fort (en volume), bien peigné et influencé 70’s (un petit côté Queen) mais avec des chansons qui elles puisent chez la pop des Kinks. C’est loin d’être original et manque un peu trop d’âme pour retenir l’attention.
Les 4 anciens Little Rabbits sont maintenant des French Cowboy et en plus de d’avoir sortit un album important cette année ils s’étaient produit avec grande classe cet été dans une boîte manchoise. C’est donc au premier rang ou presque que je les suis tandis qu’ils jouent, assis, leurs titres entre pop héritée de leur passé et folk à la cool aux sonorités qui sentent le désert américain. Un son pas à la hauteur empêche d’apprécier la guitare de Stephane Louvain et les chœurs même si ça a tendance à s’améliorer au fil du concert mais Federico a toujours la voix la plus cool de France et c’est ce qui compte. La simplicité et la chaleur des morceaux aussi.
Heureux de les avoir revu mais un peu frustré par le son, blue demon en rajoute une couche en me révélant que Von Südenfeld, la tête d’afiche de la soirée, a annulé. Mark E. Smith ont l’aime bien avec sa gueule toute cabossée, ses coups de gueule, sa manière de virer tout le monde autour de lui tout ça (et sa musique aussi) mais quand ont n’a jamais vu The Fall et qu’on se dit qu’on peut se rattraper avec Von Südenfeld, là ça fait chier. «Never trust a punk »
Les jeunes écossais de The View ont mis la priorité sur les guitares, fortes et très très influencées par The Libertines. Sans avoir le charisme et le talent de leur maître dans leurs passages les plus rock’n roll, ils sont un poil trop brouillon mais quand ils popisent (comme sur leur tube Same Jeans) un peu l’ensemble, l’envie de sautiller avec les lycéens (ou presque) présents se fait sentir.

Pas très emballé par ce que j’avais entendu du funk instrumental poli de Galactic, je m’avance d’une oreille méfiante vers la salle où ils doivent se produire. Mais ils ne sont pas venu seuls puisque Lyrics Born de Quannum et Chali2na de Jurassic 5 sont chargé de dynamiter le show. Et ils y parviennent plutôt bien, surtout Chali2na dont le flow rapide et les déambulations scénique réchauffe enfin l’ambiance.Pas suffisamment pour m’empêcher d’aller voir la deuxième partie du concert de The Dø. Et oui c’est dur de voir des concerts en entier avec ces trois scènes qui se chevauchent (jamais trop compris ce système). Il y a foule pour écouter ce groupe franco-finlandais qui avant même la sortie de leur album (prévu pour janvier sur le nouveau label émergeant Cinq7 qui avait gagné sur le plan com ce soir avec des panneaux un peu partout et aussi sur la prog puisque qu’avec Les Vedettes et Calvin Harris ils étaient trois du label à se retrouver à l’affiche du week-end) est d’ores et déjà promis à un bel avenir, tout du moins en France.
La très jolie Olivia et Dan qui forment le groupe d’origine ont un look un peu hippie-bobo, ils sont accompagnés par un batteur entouré de gongs ou de couvercles de marmite, je ne sais pas trop. Si on ne sort pas souvent des sentiers battus par Feist, la voix très aïgue assez splendide de la chanteuse, de bonnes compositions pop avec une guitare parfois plus agressive font passer un bon moment. Un des meilleurs de la soirée.
Twisted Charm, un jeune groupe britannique, attire moins de monde et pourtant leur son très 80’s vaut le détour. N’étant pas fan du genre j’ai quand même trouvé ça bien fait entre un batteur très concentré et dansant, une guitare très post-punk, un chant agréablement débraillé et des synthé un poil kitsch. Ca m’a fait un penser à Devo et c’est (peut-être) un groupe un suivre.
Alors donc Von Südenfeld c’est pas pour ce soir. A la place Solange la Frange a l’electro rigolote et plutôt sympathique si on n’y assiste pas plus de dix minutes. C’est ce que l’on fera sagement; on se retrouve dans ce hall/bar toujours aussi vide, un ticket donné par un homme-écran-publicitaire me donne à un t-shirt pas bien beau et je me dis qu’il faut absolument que la conception de robot progresse pour que l’on puisse remplacer ces pauvres étudiants avec leur écran de télé sur la tête et ainsi redonner un peu de dignité à l’espèce humaine. En tout cas on est bien tranquille et c’est bizarre parce que jusqu’ici on courait plutôt entre chaque hall. Après vérification on était effectivement en train de rater bêtement The Heavy. Reprenons-nous.

Sur les quatres-cinq morceaux de The Heavy entendus, j’ai pu un peu remuer sur cette musique soul-funky qui rend hommage aux clasiques du genre 60’s avec une pointe de rock garage supplémentaire. Le chanteur black, serviette à la main, copie assez bien les originaux mais sans jamais les égaler. Le son est une fois de plus assez moyen, la guitare étant un peu absente et brouillone, les cuivres sont joués au clavier et au final on ne retrouve pas l’engouement que peut procurer l’écoute de leur excellent album Great vengence and furious fire. Dommage, mais avec deux (courts) rappels le public a en tout cas apprécié.
Sur mon programme c’est mis que Imam Baildi mélange musique tradionnelle grec avec le hip-hop. Mouais… mon ouverture a ses limites.
On préfère attendre The Willowz, groupe californien très chevelu qui joue un garage-rock très respectueux envers le classic rock et que l’on peut décrire comme un croisement de Kings Of Leon, The Datsuns et The White Stripes. Sur leur morceaux les plus efficaces, retrouver ce bon vieux rock’n roll fait véritablement plaisir. On est hélas à cette heure tardive ridiculeusement peu nombreux dans ce hall ridiculeusement grand et je suis ridiculeusement saoul. Par moment le chanteur mets un chapeau et passe joliement à la guitare sèche, parfois le groupe se perd un peu digressions et poses, le son est là encore un peu décevant mais ce groupe qui en est à son troisième album et qui était présent sur la BO de La Science des Rêves de Gondry est à découvrir.
Ca n’était pas une soirée exceptionnelle, j’ai souvent connu mieux ici et ça sera hélas la seule soirée de ce festival pour moi mais il y eut quelques bons passages tout de même, de quoi donner envie de retenter sa chance l’année prochaine. Voilà à peu près ce que je me disais dans la navette qui ramenait tout ces gens ivres, songeurs ou endormis vers le centre de Rennes.
Photos: Simon Grossi
Et avec tout ça, pas un mot sur les galettes-saucisse. Tout se perd.