Tom Violence - L.P.
Published by Raphaël février 2nd, 2006 in Musique, Disques
Au milieu des années 80, un groupe new-yorkais dont la jeunesse et la fureur sonique correspondait alors totalement avec le nom, sortait Evol, un album où ils commençaient à introduire du rock et de la pop dans leurs expérimentations bruitistes, punk et no-wave. Par la suite le groupe perfectionnera cette formule, deviendra l’emblème de l’indie-rock et influencera beaucoup d’apprentis musiciens aux quatres coins de la planète bien content de pouvoir faire du bruit sur leur guitare en se disant que même s’ils ne savent pas vraiment jouer ça ressemble vaguement à du Sonic Youth. Certains se baptisèrent même en référence à des titres de morceau du groupe, Eric’s Trip par exemple ou Tom Violence qui est le titre d’ouverture d’Evol et aussi le nom de groupe choisit par quatre saint-lois il y a dix ans.
Tom Violence sort aujourd’hui son premier album, en ayant progressé lentement mais sûrement et en ayant gardé cette première influence. Car à l’écoute de ce L.P., c’est bien le son de Sonic Youth (plutôt période Goo) qui prédomine.
C’est assez flagrant sur le premier titre, Talking to Spirits, une des plus grosses réussites de l’album. De la courte intro à la coupure du milieu en passant par les klangs du débuts ou le noisy-rock excité des couplets, tout est parfait. Un morceau que ne renierait sûrement pas les maîtres.
Ca serait un peu réducteur toutefois de ne citer que Sonic Youth à propos de cet album. Ainsi Mother’s Child qui arrive ensuite et qui figure parmi mes préférés est plus poppy et fait penser à ces groupes post-pavement un peu oubliés genre Sammy avec sa rythmique dodelinante, des guitares entre saturation et ligne claire et le chant pop. On retrouve ces sonorités quoiques plus ralenties sur In the air vers la fin de l’album.
Parfois le son sait aussi se faire plus dur comme sur Da Bronx aux accents presque emo ou alors la machine s’emballe de manière assez irrésistible comme sur le tubesque Higher Ground, on pense aussi alors à d’autres groupes noisy-rock comme Yatsura.
Je sais pas, elle serait plus proche des derniers Sonic Youth avec ces sortes d’arpèges typiques à la fois harmonieux, inattendus et jamais très loin de la dissonance.
Le groupe est assez avare en paroles et la plupart des titres contiennent de long passages instrumentaux pour le meilleur, comme le superbe instrumental Goodbye Emoh, ou pour le plus banal comme la fin de S song ou l’intermède sans nom.
Enfin pour brouiller les piste, l’album se termine (enfin pas vraiment vu qu’il y a un morceau caché) avec She lives Where we Go chanté par une invitée, où l’on entend du synthé et de la guitare acoustique. Ce titre en décalage avec le reste de l’album et aux accents très My Bloody Valentine est un pur délice et compte parmi les merveilles de l’album.
Qu’un groupe français puisse s’approcher aussi bien du son des maîtres new-yorkais est déjà une bonne nouvelle, qu’ils aient d’autres cordes à leur arc et qu’ils le prouvent avec talent et décomplexion sur cet album comme en concert est là une occasion à ne pas manquer de les découvrir.
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