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  • Ok je suis un peu en retard mais il fallait quand même que je vous parle de ce magnifique concert que The Divine Comedy nous a proposé la semaine dernière. Je n’étais pas convaincue d’avance, déçue plusieurs fois par des concerts du monsieur. Mais connaissant la qualité de la salle du théâtre d’Hérouville, je me suis laissée tenter et je ne le regrette pas le moins du monde.

    En première partie, le très sympathique duo Ben’s Symphonic Orchestra nous surprend déjà agréablement. J’apprécie particulièrement les moments où Benoît à la guitare et au chant s’aide d’un sampler pour donner de la densité à leurs belles chansons. Mon voisin me souffle qu’il y a un petit air de Morphine lorsqu’il fait une ligne de basse avec sa guitare. Oui, un petit quelque chose.

    Leur set est très court et une armée de roadies arrive sur la scène. Contre toute attente, ils ne sont pas là pour ajouter du matériel mais débarrassent vite fait la batterie et la guitare de la première partie. Il ne reste plus finalement qu’un piano à queue, une guitare et un violoncelle. En effet, c’est accompagné seulement de deux excellents musiciens que Neil arrive sur scène. Bonne surprise encore, il a repris son costume de croque-mort des premiers albums qui lui va si bien. Je note avec plaisir le très bel effet d’une scène épurée, sans le barda moche habituel d’amplis et câbles des groupes de rock. De même, une attention particulière est donnée à la théâtralité de l’éclairage. Tout est parfait et minutieusement ordonnancé.

    Mais la mise en scène n’est pas tout, et c’est vraiment un spectacle magistral que Neil Hannon nous offre. La setlist judicieusement choisie est absolument parfaite, alliant à la fois des titres du dernier album (”Absent Friends, “Come home Billy Bird”… ), de vieux tubes “joués d’une façon déprimante” : “Alfie”, “generation sex”, “bad ambassador” ou joués d’une façon purement joussive (”lucy”, “your daddy’s car”, ou le magnifique “Tonight we fly” comme final), deux ou trois reprises de très bon goût venant agrémenter le tout (dont un “Do you realize” des Flaming Lips très justement interprêté). Et même pour une ancienne fan comme moi, ces titres que j’aime déjà beaucoup prennent une dimension supplémentaire. L’instrumentation simple met en valeur la beauté des mélodies de Neil Hannon. Sa seule guitare suffirait, mais le piano permet en plus de souligner les compositions tout en légereté, ou de restituer l’intensité dramatique de certains passages, alors que le violoncelle fait office à la fois de cordes et de basse.

    Cependant, l’instrument le plus marquant, c’est l’organe de Neil. Car profitant de la qualité de son exceptionnelle, on réalise toute la maîtrise de cette voix, belle, expressive et claire dans les basses comme dans les aigüs. Finalement, on se rend compte qu’aucun enregistrement ne lui rend vraiment hommage, tant elle est superbe en vrai. Fidèle à lui-même, Neil Hannon est drôle et canaille. Il prend son temps, plaisante et fait rire à tous les coups. Ses interprêtations sont justes, peut-être un peu moins grandiloquentes que sur les albums, mais plus attendrissantes et sincères. Il mime pour nous aider à saisir l’humour dans ses paroles. Ce qu’il y a de bien, c’est que sa diction est assez claire pour que l’on puisse tout comprendre, ce qui assez rare pour être souligné. Et il faut le dire, il a quand même une présence et un charme irrésistibles. Il donne l’impression de faire plaisir à son public de fans conquis d’avance, en leur proposant ce qu’il peut offrir de meilleur. Et il prend plaisir lui-même à cela. Terminant son show par des adieux très chaleureux, il ne se prête pas à la mascarade des rappels, ce qui déçoit certains mais pas moi.

    Ces derniers temps, je pensais que ma passion pour la musique s’était un peu éteinte. A force d’être blasée, déçue par des artistes et des concerts, j’ai tendance à être moins intéressée qu’avant. Mais pendant ce concert j’ai vraiment retrouvé un enthousiasme que je n’avais pas ressenti depuis des années. Je me suis surprise à sourire béatement ou à battre des mains sans m’en rendre compte, sous l’effet des mêmes vagues de jouissance pure que dans mes premiers concerts. Depuis presque une semaine, les effets ne sont pas complètement dissipés : je me souviens ce que ça fait d’être passionnée par la musique.

    Setlist approximative dans le désordre : Absent Friends, Come home Billy Bird, Charmed Life, Sticks and Stones, Our mutual Friend, The Happy Goth, Freedom Road, Alfie, Everybody knows, Generation sex, Bad ambassador, National express, Song of love, The summerhouse, Lucy, Your daddy’s car, Tonight We fly, Do you realize (reprise), Spanish Flea (reprise), et une troisième reprise, vieille chanson humoristique dont j’ai oublié le nom.

    NB: Les titres manquants donnés par les commentaires étaient I Hold Your Hand in Mine de Tom Lehrer et Lonely at the top de Randy Newman (merci Kill Me Sarah)


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