Tetuzi Akiyama - Don’t Forget to Boogie
Published by olivier novembre 22nd, 2003 in Musique, Disques
C’est sur les conseils d’un co-nplistien que je me suis aventuré à écouter ce disque. Dire que, jusqu’au moment où j’ai appuyé sur la touche de lecture, je pensais avoir affaire à un disque de free improv ou de free jazz pur et dur, un truc entre Keith Rowe et Derek Bailey, peut-être. Rapport à l’instrument dont joue Akiyama, la guitare, les deux artistes précédents étant mes deux seuls maigres points de repère en ce qui concerne l’association free/guitare (j’oublie peut-être un peu vite les membres de SY, en fait). Après tout, quelques petites recherches sur le web m’ont appris que monsieur Akiyama avait travaillé avec Keiji Haino, donc ça collait…
Et contre toute attente, c’est du gros vrai et bon rock, du genre qui tabasse et qui pourrait très bien faire pogoter un parterre de rockers avinés. D’ailleurs, je suis pas trop décidé : est-ce que le titre est très bien choisi (ça annonce la couleur, pas d’astuce derrière tout ça, contrairement à ce que je pensais), ou au contraire « redondant », chaque morceau affirmant la même chose avec beaucoup de conviction. Alors bien sûr, Akiyama n’est pas un pur bluesman. Si certains morceaux sont construits comme de complexes improvisations country/blues au rythme endiablé, et d’autres très conventionnels, à l’instar du morceau d’ouverture It’s a Boogie Thing, qui pourrait très bien servir d’accompagnement à une chanson de ZZ Top, certaines pistes longues et répétitives nous rappellent le milieu avant-gardiste dans lequel évolue plus couramment l’artiste (Dead Or… et Fast Machine en particulier). Pour être exhaustif, je cite également le magnifique She’s a B-Girl, manière d’interlude tout en harmoniques et reverb au calme reposant idéalement situé en milieu d’album ainsi que le morceau de clôture, City Gold, courte ballade en son clair.
Donc, si vous voulez entendre un bon disque de guitare rootsy au son bien gras, sans artifice, sans production ni instrumentation superfétatoires, courez ! Petite précision : ça n’existe qu’en vinyle, c’est trouvable en France chez Metamkine et on peut écouter un bout sur M.DOS.
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