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  • Silver Jews - Tanglewood Numbers

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    Ce qu’il y a de bien avec les disques de Silver Jews c’est que l’on peut les juger rien qu’en entendant la toujours superbe première phrase du leader/poète David Berman.

    Ainsi American Water commençait par « In 1984 I was hospitalized for approaching perfection », et cet album approchait et même atteignait la perfection. « When god was young, he made the wind and the sun and since then it’s been a slow education » c’était le début de Bright Flight (il y 4 ans déjà) et cet album a grandi et gagné en intérêt petit à petit jusqu’à être en bonne place sur mon chevet, une lente éducation en quelque sorte. Alors quand David Berman lâche « Where’s the paper bag that holds the liquor, just in case I feel the need to puke» en exergue de Tanglewood Numbers je me dis que ça va (r)envoyer sec, une vraie partie de rock n’roll.

    Plus rock l’album l’est sans aucun doute, c’est pas encore The Darkness (le nouveaux groupe favori de David Berman !?!) mais l’aspect super-groupe (on compte en autre sa femme Cassie, Stephen Malkmus, Will Oldam, Bob Nastanovitch et Bobby Rare jr.) des musiciens qui l’accompagnent densifie le son, l’éloignant de la lo-fi des premiers albums et David Berman chante avec plus de conviction, d’une voix plus dure. A la première écoute j’ai même eu un peu de mal à le reconnaître et l’incomprehension est appurue : du rock !! voyons ! abandonner, la beauté, la noirceur, l’indie-country-lo-fi habituelle comme ça pour faire du rock, est-ce bien raisonnable.

    Et puis ce disque m’a éduqué (pas si lentement que ça d’ailleurs) et j’ai entendu la perfection. En l’occurrence elle n’était pas loin puisque c’est de Punks in the beerlight qu’il s’agit. Soit le morceau d’ouverture de l’album. Stephen Malkmus qui fait la grande majorité des guitares de l’album mais qui ne chante pas commence par une belle intro sur guitare crunchy puis le groupe arrive et David Berman raconte son histoire dépressive. La façon qu’il a de chanter « I love you to the max » est totalement prenante. Sa femme Cassie (très présente sur l’album arrive ensuite pour adoucir les choses mais David coupe son « If it gets really, really bad, If it ever gets really, really bad » par un lucide «Let’s not kid ourselves, It gets really, really bad ». Après une pause instrumentale avec de drôle de bruits synthétiques puis une guitare pavementienne, la vision rock se confirme lorsqu’il chante un « punks in the beerlight Toulouse-lautrec » plus impressionant qu’impressioniste, la chanson se terminant sur un « MAX » à bout de souffle. Certainement un des meilleurs titres d’indie-rock de l’année.

    Les Silver Jews ne faiblissent pas ensuite puisque Sometimes a pony get depressed outre le fait d’avoir le titre de l’année a aussi un rythme indie-funky (si si ça existe) irrésistible et un solo foutraque que Malkmus ne nous avait plus offert depuis la fin de Pavement.
    K-Hole et son terrible « I’d rather live in a trash can Than see you happy with another man » nous replonge un peu plus au fond du goufre (David Berman a vécu une période très encombrée par la drogue, notament pendant l’enregistrement de Bright Flight) avant qu’Animal Shape ne me donne envie d’acheter stetson et santiags et de m’inscrire au cour de line dance le plus proche. Au secours, sauvez-moi! Certainement une des meilleures chansons de country-rock que j’ai entendu depuis des années.

    Ensuite on aura droit à deux titres plus dans le style Bright Flight soit du folk de première, avec I’m getting back into getting back into you et Sleeping is the only love.

    Le couple David-Cassie (ainsi que le banjo) fonctionne à merveille sur le joyeux How can I love (if you won’t lie down). Et puis aussi une belle valse western et une un peu longue histoire dylanesque pour finir sur There is a place qui commence doucement et mélancoliquement (« There is a place past the blues that I never want to see again ») mais avec des guitares divines avant de se transformer en un inquiétant et hypnotique « I saw God’s shadow on this world ».

    Les Silver Jews sont bien plus que le meilleur groupe pavement-related, ils signent à chaque fois des albums qui marquent pour des années. Celui-ci n’est pas forcément le meilleur (pas loin quand même) mais c’est le plus le produit et ambitieux du lot, à se demander même si David Berman qui a du faire une dizaine de concert dans toute sa carrière musicale ne remonterait pas sur scène pour le soutenir. Et pourquoi pas une tournée mondiale (et surtoit française). Quand les choses vont vraiment vraiment mal, on peut toujours rêver.

    Silver Jews - Tanglewood Numbers [2005 - Drag City]

    Vidéo d’How can I love you (if you won’t lie down) (bon je n’ai que le son mais vous aurez peut-être plus de chance)

    Rating: ★★★★★★★★★☆


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