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Route du Rock 2007 - Mercredi

rdre2007_10x15_cmjn_300.jpgPour ses dix-sept ans la Route du Rock s’est permis quelques petites folies. La plus grosse étant de se dérouler en semaine au lieu des habituels week-end fédérateurs. La faute à un festival japonais qui raflé une partie de la prog à coups de liasses de yen. Ils ont fait aussi la folie de laisser planer les nuages au-dessus des têtes et dans les bulletins de Météo-France et les souvenirs des déluges de 2002 et 2004 donnèrent quelques suées (voire provoquèrent des abandons pas très courageux). Sur le plan musical, la folie se trouvait dans la grosse part du budget donnée à un seul groupe (The Smashing Pumpkins) en espérant qu’il remplisse sont rôle rassembleur, à inviter un groupe culte (Sonic Youth) mais ne lui demander de ne jouer que des titres d’un seul album et encore de présenter de jeunes groupes qu’on ne voit pas trop dans les autres festivals, parfois juste à côté (ou entre) des têtes d’affiche, une folie habituelle pour la Route du Rock et très réjouissante. On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans !

Mais avec 23 000 spectateurs sur les trois jours, une météo finalement assez bonne (j’ai même eu un coup de soleil) et surtout plein de concert de qualité cette édition fût une vraie réussite.

Une route (du rock, ah non pas chaque année la même blague) tranquille (surtout quand on conduit pas) à scruter les nuages avec mthrdz, des formalités (récupération du badge presse/frime/vip) et corvées (plantage de tente) vite expédiés et une première bière pour officialiser le début du festival et nous voilà au palais du Grand Large (horriblement renommé Palais Sony Ericsson) où on retrouve bd et canarticho.

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Les premières notes que j’entends sortent d’une guitare sèche tandis que le soleil tape sur le cou à travers la baie vitrée. Et c’ est Anna Ternheim qui en guise de remplaçante de Suzanne Vega est plutôt douée. Le concert était initialement prévu à la plage mais le vent souffle fort et ça aurait certainement géné le folk délicat de cette grande blonde suédoise. Sans être vraiment renversant elle possède de très bon morceaux , une voix très agréable (à la Suzanne Vega donc) et ses histoires romantiques qu’elle nous explique en français entre les morceaux rend l’ensemble charmant. Un petit tour au piano puis retour à la guitare puis s’en va … Et oui y’a Woven Hand qui a déjà commencé son concert dans la salle d’à côté. David Eugene Edwards assis sur sa chaise a des allures d’indien blanc et blond (en supposant que cela existe). Le leader des 16 Horsepower a donc un nouveau groupe mais n’a rien perdu de sa voix particulière idéale pour les incantations chamanique un brin funèbre. Mais si les ambiances indiennes (d’amérique) sont là, les cowboy et leur rock’n roll aussi. Le concert et le groupe sera plus puissant que ce à quoi je m’attendais et malgré les sièges dans la salle une petite danse du feu aurait été envisageable. Pas besoin de ça pour ramené les nuages qui se sont sentit invités par le concert électrisant de Woven Hand. En quittant la salle un peu tôt pour cause de concert d’Elvis Perkins ou d’apéro au choix, on remarque vite que le choix de chaussures et vêtements sera décisif pour ce soir.

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Une fois assez chaud pour attaquer le fort, les cumulus nous proposent leur spécialité si pittoresque, une douche froide. Heureusement que le folk-rock d’Herman Düne est la pour faire passer la pilule. David (alias YaYa) et Neman sont accompagné par Ben de Cyan&Ben et un percussioniste/trompetiste. Le son de guitare est un peu plus rugueux que d’habitude et la flotte et le fait de jouer en festival rend le concert un peu moins chaleureux que ce qu’ils peuvent faire mais le concert, centré sur les deux derniers albums, ne peut pas être raté en comprenant de si bons morceaux. De « Not On Top » à « Take him back to New-York City », leur anti-folk aux accents velvetiens fait souvent mouche et les passages de trompettes nous faisaient presque oublier cet environnement hostile.

Ensuite on sèche nos vêtements et le concert de The National (déjà vu, pas emballé plus que ça) et on rince les gosiers.

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Et c’est dans l’euphorie, personnelle et collective, que le concert d’Art Brut peut commencer. Les anglais ont sortis un deuxième album un peu moins tonitruant que le précédent mais comme ce soir ils n’en garderont que le meilleur et comme leur terrain de jeu favori est la scène, la foule s’est bien amusée. En tout cas dans les premiers rang où sa pogote joyeusement en reprenant en chœurs les hymnes rock’n’roll d’Eddie Argos et sa bande de punk-brit-poppeux. On se dit parfois que le papotage du chanteur, son lancer de chaussettes et son gimmick « Top Of The Pops » vont finir par lasser et puis non on fait semblant d’être comme son petit frère et de découvrir le rock’n’roll.

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Au moins aussi énergique, le son de The Go! Team est par contre plus rare. En mélangeant le funk, le rap et l’indie-rock un brin noisy et lo-fi , le groupe de Brighton a trouvé un son unique. Le sextet avec ses deux batteries (c’est à la mode) et surtout sa chanteuse/rappeuse black a vite fait danser autour de moi. Un peu blessée au genou elle se démène pourtant comme un folle sur scène tandis que les guitares ne s’en laisse pas compter. Que ce soit sur les tubes du premier album comme Ladyflash ou Bottle Rocket ou sur les titre de Proof of Youth (qui sort ces jours-ci) que l’on découvrait sur scène et qui ont l’air très bons, ça partait un peu dans tous les sens dans une ambiance plutôt délirante. Et dans les premiers rangs c’était un peu la même chose. Un concert impressionnant donc.

En installant un gros mur d’ampli Marshall et une grosse croix lumineuse on se dit que le concert de Justice sera peut-être lui aussi impressionnant. Et bien non comme la grosse majorité des concert de dj, c’était service minimum et y’avait rien à voir. Question musique il était un peu tard et j’avais sûrement un peu trop envie de faire la fête au camping mais j’ai pas été électrisé par leur son, dansant vaguement par moment, pas plus. Ils aiment triturer les ambiances passant de basses profondes à des explosions plus bruyantes ou funky et ils ont réussi à gâcher le tube funky-pop de leur album (d.a.n.c.e.) par trop de manipulations et de coupes. Pour ce qui est de We Are Your Friends il fût lui étiré et joué à toutes les sauces (sauce funky, sauce électro, sauce Ministry … ) certaines efficaces, d’autres non. Mais trêve de snobisme, une bonne patie du public trouva de quoi se défouler dans ce concert. Ainsi quelques jours plus tard on pouvait entendre mthrdz entonner des « because we are your friends you will never be alone again» à la volée.

merci à Simon Grossi pour les photos

le lendemain
le lendemain du lendemain


3 Responses to “Route du Rock 2007 - Mercredi”

  1. Gravatar Icon 1 claudia

    Ahah, c’est marrant, Philippe n’en a pas brossé le même portrait, du concert de Justice

  1. 1 Route du Rock 2007 - Jeudi at Coin !
  2. 2 Route du Rock 2007 - Vendredi at Coin !

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