Route du Rock 2007 - Jeudi
Published by Raphaël septembre 20th, 2007 in Musique, Concerts
Un tournoi de foot était organisé et après avoir s’être plié à la tradition de la Galette-Saucisse, on se retrouve la tête dans le cul, sur la plage, à encourager mollement les Go Go Charlton. (Go! Go Go Charlton, Go !). Mais pour bien se ressourcer rien ne vaut les confortables fauteuils du Palais du Grand Large. Surtout que la prestation de Windmill fût assez remarquable. Mené par un jeune britannique binoclard aux claviers assez loin du physique de rock star, le groupe propose des morceaux de son premier album souvent très émouvants où la beauté des mélodies est encore relevé par quelques montées en puissances fournies par une jeune guitariste et par une batterie flaminglipsienne. Le violoncelle qui accompagnait le groupe apportait lui aussi une belle touche comme souvent lorsque cet instrument se retrouve baigné dans la pop. Alors évidemment la voix de gamin prépubère du chanteur peut surprendre et à vrai dire à chaque début de chanson je ne pouvait m’empêcher d’esquisser un petit sourire moqueur (en voix masculine si aigüe je ne vois que Daniel Smith, le leader de Danielson Famile), mais on se retrouve vite happé par cette pop chaleureuse et émouvante évoquant Danielson Famile donc comme Mercury Rev ou les Delgados.
Patrick Watson, qui suivait a peut-être une musique moins facile d’accès mais son concert était intéressant. Beaucoup de piano là aussi, une voix qui se rapproche de Jeff Buckley en plus posé et de très bons musiciens qui l’accompagne. C’est d’ailleurs les passages instrumentaux que j’ai préféré, le batteur au jeu de jazzman assez inattendu dans un festival rock, le guitariste qui se permettait quelques passages bruitistes où le son de basse lui aussi très bon. Un concert original, tout en ambiances.
Un peu de bouchons, retour sur le site du fort, petit apéro et j’arrive pour le dernier accord de Fujiya & Miyagi, soit pour les cinq dernières minutes.
Ensuite débarque de jeunes branleurs anglais nommés 120 Days. Ah non en fait ils sont norvégiens mais ont toute l’attitude des groupes fiers à bras de l’outre-manche. Mais leur musique qui allie New-Wave, Krautrock pour finir dans des sons de plus en plus club est assez réussie. Une longue montée (3 ou 4 morceaux au total j’ai l’impression) avec des accents à la New Order avec un chant à la Lo-Fidelity All Star avec plein d’echo et de reverb et quelques poses copyrightés Liam Gallagher. De la musique de drogué (semble-t-il au vu des yeux du chanteur) ça fait toujours plaisir.
En se retournant on se rend compte que le fort est rempli à ras bord, qu’il est difficile d’aller chercher sa bière et que c’est un peu pénible. Les Smashing auront donc déjà assuré cette part de travail : remplir le fort. Reste à donner un bon concert, on verra ça bientôt.

La moyenne d’age augmente avec The Besnard Lake, le son est du rock assez classique et un poil lyrique alternant passages calmes avant que les 3 guitares, la basse et la batterie explosent à l’unisson et quelques chansons plus rapides et finalement moins intéressantes. Ca ne semblait pas valoir les Band Of Horses (dans un style assez proche) découvert l’année dernière au même endroit mais ça mérite d’y jeter une oreille plus attentive.

Entre les morceaux les Magnetic Friends passent des disques comme depuis plusieurs années déjà. Des titres qui rappellent des bon souvenirs quelques bonnes nouveautés aussi et quelques plantages parfois. Mais là ils nous passent de la new age c’est quand même bizarre ! En fait c’est la bande à Billy qui impose cette (très) longue mise en ambiance mystico-chiante et je commence à avoir peur. Enfin le groupe qui a l’époque rivalisait presque avec Nirvana monte sur scène. En fait du groupe original il ne reste que le batteur doué Jimmy Chamberlain et bien sûr la grande tige Billy Corgan qui arrive avec des chausettes de lutin rigolotes. Un nouveau guitariste assez inexistant, une bassiste au goût plus que discutable, une fille au clavier que je n’ai pas trop vue complète le groupe. Les Smashing Pumpkins commencent avec un nouveau morceau (je ne connais pas le dernier album) qui semble sympa au début mais s’éternise un peu. Et finalement dans ce concert je me serai pas mal ennuyé. Que ce soit pendant de long morceaux sensés être tripants (c’est pas leur truc) où des titres heavy-metal boursouflés (c’est plus leur truc mais c’est pas trop le mien). Heureusement le groupe a écrit queques très bonnes chansons et ils en joueront certaines mais pas assez. Ainsi entendre les riffs de batterie Tonight fût un vrai plaisir tout comme le très beau Disarm joué en formation réduite. Par contre ne pas entendre 1979 ne fût pas cool du tout. Donc voilà Smashing Pumpkins 10 ans après c’est fait.
On peut revenir au présent. En fait non puisque les filles de New Young Pony Club et les garçons qui les accompagnent joue une musique funky-80’s qui est loin de me brancher. Je reste cependant captivé deux trois morceaux par la fille aux clavier qui a sa place sur n’importe quel podium de mode si elle en a marre de faire de la musique nulle.
Après ça j’en profite pour faire un petit tour et je me rend compte que je n’ai pas vu cette année les stands sympas de petit, voire micro, labels. A la place de la pub toujours de la pub qui aura envahi le festival cette année, on a même vu des types portant des télés ridicules au-dessus de leur tête, me donnant envie d’appeler la Société Protectrice des Humains pour ce cas de torture avéré. Enfin bon c’est comme ça, remettons donc nos œillères et avançons. Et oui car les stands étaient bien là mais cachés au fond du fort, endroit que je fréquente pas d’habitute. Pas sûr qu’ils aient encore le droit de venir l’année prochaine, donc.
Cette soirée au fort était assez mitigée mais heureusement les brésiliennes de CSS étaient en grande forme. Encore une longue attente à cause d’un technicien un peu manchot qui vérifiait chaque branchement 15 fois de manières bien inefficace puisque un ou deux instrument ont eu des défaillances en début de concert. Mais bon les paillettes sur le justaucorps Lovefoxxx, ses tournicoti-tournicota, les ballons de baudruches, le jeu de guitare de la guitariste, le groove indéniable du groupe, l’ensemble un peu désordonné tout ça m’aura enfin permis de danser ce soir alors que je croyais que c’était mort. Sur scène ça danse aussi et pas seulement chez les musiciennes puisque quelques bénévoles pénètrent sur la scène pour remuer des reins. Et là on comprends enfin à quoi servait le technicien un peu gauche susnommé : à plaquer violemment ces contrevenants dans un geste prémonitoire de la coupe du monde de rugby. Joli mais pas cool ! Enfin bon c’était la fête quand même pendant le concert.
Ensuite direction le duvet et les araignées qui avaient décidé de squatter la tente, pour être en pleine forme pour la très alléchante dernière soirée.
merci à Simon Grossi pour les photos
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