Les salauds, ils nous ont bien eu. Rumeurs persistantes, souscription, interview pessimistes du directeur … C’est avec le sentiment d’assister à la très probable dernière route du rock que je prenais la route de la Route Du Rock. Pas complètement emballé par la programmation, cette épée de Damoclès qui tournoyait au dessus du fort de Saint-Père en a incité plus d’un à chausser ses bottes et à retourner en pélerinage estival malouin. 13ème route du rock donc au compteur personnel alors que le festival fête ses 18 ans dans la peur.
Et oui grandir c’est dur , chez les adultes c’est la jungle, les supergroupes ont des exigences de diva, que ce soit financièrement parlant ou hydrauliquement parlant (référence aux Smashing Pumpkins l’année dernière, pour ne pas dénoncer). Ainsi les programmateurs François Fleuret et Alban Coutoux ont décidé de nier cette nouvelle majorité et de baisser un peu le niveau de notoriété des têtes d’affiches (et leur cachet). Et visiblement ils ont eu raison.
Après trois jours des ingrédients habituels du routedurockeur (très bonne musique, moins bonne musique, alcool, sandwich, intra-muros, plage, pluie, éclaircies, attente, courses, bar vip or not, guitar hero, souvenirs envolés, danse, sieste, apéros prolongés, contrôles, rires …), on lira dans le paplar (le journal du festival) que François Fleuret garantissait une 19ème édition de la Route Du Rock. Ils nous ont bien eu. Et tant mieux.

Pas de The War On Drugs, dommage. Ni de The Dø, qui paye les frais d’une occupation trop importante des festivals (et d’une sympathique réunion sous la tonnelle). Bref c’est l’esprit embrumé que j’arrive devant les bien plus classe que moi Tindersticks. Surtout que tout est là, violon, cordes et la voix toujours bluffante de Stuart Staples qui va chercher toujours plus profondément pour nous faire décoller toujours plus haut. Nickel.

Mais le joyeux bordel c’est encore mieux. Et les Breeders avec leur pop-rock mi-ange mi-bonnes saturations indies en sera la preuve. De bons gros tubes comme les merveilleux No Aloha et Drivin on 9, la reprise des Beatles Happiness Is A Warm Gun, les remuants Tipp City ou bien sûr Cannonball et son pogo obligatoire. Quelques nouveaux titres aussi. Le son et les solos sont un peu brouillons mais les voix angéliques des sœurs Deal et la joie qu’ils ont à être sur scène (un sourire hilare ne quittera pas la face de Kim et Kelley) sont largement les plus fort.

Le rock des Cold War Kids ne m’a pas marqué plus que ça. Efficace mais un peu trop classique. Et puis les souvenirs de cette heure là se sont mystérieusement évaporés.
Pour les Foals qui cloturaient la première soirée de la Route du Rock on pouvait danser tranquillement comme des fous. Et je ne m’en suis pas privait. Un concert des Foals c’est un peu la boîte de nuit de l’indie-poppeux. Leur rock aux touches post-punk, africaines, Talking Heads est rythmiquement endiablés. Sueur et mal aux jambes garantit pour ce groupe qui maîtrise comme personne les notes de guitares qui ont le secret de te faire danser.
Après les concert le camping est encore en forme (enfin pas tout le monde quand même…) pour prolonger la nuit. Tant mieux.

merci à Simon Grossi pour les photos
Heureux d’apprendre que j’ai raté quelque chose, il y a au moins un festival digne de ce nom dans ce pays.
P.S. le concert des Breeders est diffusé chez Lenoir (France Inter), ce mardi 2 septembre à 22h.