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La Route du Rock 2005 - Vendredi

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Ce vendredi 12 août je me dit que si tout se passe bien (et tout s’est bien passé), dans 3 jours j’en aurai fini de ma 10ème route du rock ce qui évidemment me file un petit coup de vieux mais bon il en faut plus pour me destabiliser, je charge donc sacs et tentes dans la voiture sans oublier manda-rin et blue demon et on prend la fameuse route du rock (qui est plus peuplée de touristes en caravane que d’hell’s angels sauvages soit dit en passant).

A chaque année sa nouveauté sécuritaire, et là nous attendait gentiment flics et chiens pour un contrôle de la mort où l’on nous demande si l’on aurait pas emmené des substances illicites. Visiblement ma réponse négative ne le convainc qu’à moitié et je dois ouvrir mon coffre. Là, grâce à ses yeux bioniques, il voit à travers tous les sacs qu’effectivement je ne mange pas de cette herbe là et nous laisse nous installer tranquille. Ils sont trop forts ces sarkoflics.

Je prend mon pass presse payant (sic !), laisse les autres se demerder avec les tentes (hé oh j’ai conduit quand même) et je cours chopper la navette direction Le Palais Du Grand Large pour voir le concert d’Animal Collective.

Si sur disque le groupe enchaîne les moments géniaux avec d’autres plus ennuyeux, là le concert était 100% tout bon. Il alterne dans un long flot continu (leur « premier morceau » durera 45 minutes) des montées psychédéliques, des danses tribales halucinantes qui nous transportent dans la brousse immédiatement et des mélodies pop cachées sont des ambiances plus ou moins noisy mais de plus en plus excitantes.
Pendant qu’ils dansent comment des shamans sur scène et qu’ils balancent de la bière sur le public, on a l’air un peu con à gigoter sur nos sièges mais à part ça c’était une très agréable première fois où j’ai compris pourquoi le groupe s’appelait Animal Collective vu qu’on avait droit au chien à poils longs (avec stéthoscope) penché sur ses machines, à la gazelle bondissante à la guitare, au chat sauvage au chant et au gorille qui tapait sur son tom basse. J’ai tout de même réussi à m’extraire de mon état d’envoutement et à partir un peu avant la fin du concert pour prendre la navette (et hop un petit sprint de plus) pour aller voir Art Brut.

Le concert débutera par Formed A Band et se terminera par un judicieux conseil « Go home and forme a band ». En effet comme tout ça à l’air simple. Du punk-rock sur trois accords, des paroles simples parlées plus que chantées et des looks d’anglais moyens et hop on fait l’ouverture de la route du rock et on a des fans anglais qui vous suivent en sus. Et en plus c’était très bien, la star du groupe est Eddie Argos un peu dans un style à la Mark E. Smith sauf qu’il articule ce qui nous permet, en plus d’assister à un concert enjoué, de prendre une leçon d’anglais rigolote avec pour thèmes la pop anglaise, son amour de jeunesse, son petit frère, ses week-end ou la météo anglaise. On pouvait même répéter en chœurs et je ne m’en privais pas.

Bon comme c’était un peu la course depuis le début je décidais de me prendre un (au moins) apéro et de snober Alamo Race Track (déjà vu de toute façon il y a un mois à Evreux) .

Je reviens pour les premiers papys du festival. Tout de noir vêtu (la couleur de l’année) The Wedding Present revient donc présenter sont tout nouveau Take Fountain. Ca manquait un peu de tube mais leur pop vitaminée était tout de même très efficace et quelques morceaux explosifs comme Flying Saucer mon vraiment emballés, l’attrait principal du groupe qui est sa précision et son énergie rythmique que ce soit sur les guitares ou sur la batterie est encore là donc c’est à voir.

Les deuxièmes papys de la soirée étaient encore meilleur, puisque c’était Yo La Tengo le trio d’Hoboken qui sort des excellents disques depuis le milieu des années 80. Mes aller-retour au bar VIP m’ayant passablement éméché je ne me souvient pas vraiment de tout ce qu’ils ont joué mais hormis un ou deux titres un peu ennuyeux leur set était très bon alternant la finesse de leurs ballades avec des cavalcades noisy digne de marmots entouthiastes. Outre la douce voix et le jeu de batterie rapide et sans faux-pas de Georgia Hubley qui en font la Moe Tucker de ma génération je me souviens de la perle Stocholm Syndrome ou d’Ira Kaplan penché sur ses synthés pendant Autumn Sweater, d’une drôle de chorégraphie tout en décontraction et surtout d’un fabuleux Blue Line Swinger de près d’un quart d’heure avec sa longue introduction de batterie et la fusion bruitiste qui suit. Le public, echaufé plus que de raison, a bien réagit dans l’ensemble et ça faisait plaisir. Un tel talent entouré d’autant de simplicité est ce qui me fera toujours aimer cette musique.

La simplicité c’est justement ce qui manquait à Mercury Rev vendredi soir. Le groupe à indéniablement de bonnes chansons mais de moins en moins et Jonathan Donahue gâchait les meilleurs moments en faisant la mouette ou en se prenant pour Beethoven avec ses gestes ridicules et sa chemise blanche. Je retiendrait Holes ou Dark is rising toujours agréables à entendre même si là aussi finalement je préfère rêver de moi-même en écoutant ces morceaux que de me sentir forcé de le faire par un Jonathan qui surjoue.

Et puis aussi à cette heure tardive j’étais bien plus préoccupé par la fête que par les ballades romantiques.

D’ailleurs j’ai entendu dire que The National avait joué ensuite, fait que je conteste vivement. Je n’ai rien entendu pour ma part.

Ou alors la malédiction du trou noir a encore frappé, ça serait hélàs bien possible. Je me contenterai donc de répéter ce que j’ai entendu à droite à gauche (surtout à gauche, je fais gaffe à mes fréquentations): « The National c’était bien, dommage que ça soit passé si tard ».

Cette année on avait pas le droit aux douves pour camper mais à un camping au rabait. Ca ne nous a pas empêcher de boire pleinement et juqu’à l’aube pour bien finir cette première journée sur la route. Non mais !

Car j’étais sur la route toute la sainte journée (oups pardon)

à suivre


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