Hella - The Devil isn’t Red
Published by olivier février 25th, 2004 in Musique, Disques
Hella… le nom peut effrayer, ça je ne dirai pas le contraire. D’ailleurs, quoique toujours en quête de sensations musicales fortes voire extrêmes, que ça soit en minimalisme ou de déferlantes sonores, je n’avais jamais osé les écouter. Le groupe a pourtant déjà une discographie bien remplie : en 2 ans, 4 albums et 2 EP : ils vont vite. Et leur musique est à l’avenant, ça dépote… je dirais même que ça balance grave. En plus, ils sont édités par 5, Rue Christine, chez qui ont également sévi Xiu Xiu, Out Hud et Deerhoof alors fatalement, j’ai fini par les découvrir, par le biais de leur dernière contribution, The Devil isn’t Red. Et comme je me suis aperçu ce soir que toute la Terre n’avait pas encore entendu ce disque, je me suis senti investi d’une mission : chroniquer, hum, bavarder à propos de cet album.
Comme pour l’exposé de toute recette qui se respecte, commençons par en détailler les ingrédients : une guitare et une batterie. Comme les White Stripes, mais en bien. D’accord… j’ai déjà la moitié des lecteurs à dos, les saint-lois sont partis, maintenant qu’on est entre nous, je vais pouvoir vous en dire un peu plus sur la recette proprement dite.
Deux p’tits gars biens qui font du potin pas commun, c’est ça Hella. Imaginez un instant un batteur fou furieux qui envoie de sacrées doses beefsteak en percutant ses fûts de toutes ses forces et faisant largement usage de la double pédale (merci Raph, j’avais même pas fait attention !) en permanence, tout pendant que son compagnon guitariste s’acharne sur les six cordes de son instrument, lui extirpant des riffs et sonorités pas piqués des hannetons, où tapping et boucles (semi-)mélodiques sont copains comme cochon. Hum, non vous n’imaginez pas très bien, c’est encore plus énergique que ça, faites donc un peu plus d’efforts… bon admettons qu’on y soit à peu près.
Bref, il vaut mieux aimer un peu le bruit et la musique qui bouge pour apprécier les subtilissimes saveurs des morceaux de ce Devil isn’t Red. Ceci dit, dans l’ensemble, le format musical reste somme toute relativement carré, et s’il s’agit d’un art similaire, on n’est pas dans la même catégorie que les poids-lourds du noise que peuvent être Lightning Bolt. En revanche, pour ceux qui connaissent, si les ingrédients sont en nombre plus limités, le goût, la couleur et l’odeur de Hella se rapprochent un peu de ceux de leurs aînés d’Arab on Radar, la voix en moins. Petite touche d’originalité, le gameboyish You DJ Parents, d’un genre que le groupe semble bien apprécier puisqu’on en retrouve trace sur d’autres de leurs disques. Pas trop ma tasse de thé, mais si ça leur permet de reprendre des forces pour tabasser de plus belle par la suite… je ferme les yeux !
Les vieux fans diront que oui, Hella, c’est bon, mais que quand on en a déjà mangé deux ou trois albums ayant tous plus ou moins le même goût, ça lasse et on aimerait autre chose. Oui c’est vrai, mais combien d’entre nous sont encore friands de glace à la vanille ou de frites des dizaines d’années après en avoir découvert les doux plaisirs ? La rumeur court même qu’un certain cointeur aurait longtemps collectionné les disques d’un groupe de brit-pop dont le nom évoque sans ambiguïté le nom du fils de Françoise Dolto. Alors, comme tous ceux qui veulent faire bien dans leurs chroniques mais que du coup ils passent pour des blaireaux en le disant, « ne boudons pas notre plaisir » (pratique de médire un peu, ça permet d’utiliser une expression bateau quand on n’a pas envie de se casser la tête, ou pas trop d’imagination ou de vocabulaire) car Hella, c’est bon, c’est bon.
Du son sur http://www.hellaband.com et sur le site du label, 5, rue Christine.
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