The Bees - Free The Bees
Published by Raphaël août 2nd, 2004 in Disques
Une des frustrations les plus partagées par tout les fans de rock de moins de 50 ans est de ne pas avoir vécu les années 60, n’ayant à l’époque pas quitté le subconscient de ses futurs géniteurs. C’est déjà assez dur de ne pas avoir assisté aux premiers flamboiements de guitares de Jimi Hendrix, aux premières prises d’acide de Syd Barrett ou aux concerts déstructeurs des Who, alors quand votre père en rajoute une couche en disant : “Ah oui, c’est vrai que les Who à l’île de Wight, c’était vraiment bien. Et puis il y avait Bob Dylan aussi qui revenait sur scène après …”, là ça deviant arrghh, franchement énervant. Faut admettre que ça a plus de gueule que de dire qu’on a vu Muse ou Placebo dans un petit fort breton.
Et quand on est fan de rock et habitant de l’île de Wight comme le sont les deux leader de The Bees (Paul Butler et Aaron Fletcher), la frustration peut vous pousser à tout faire pour recréer l’ambiance de ces grands raouts qu’était les festivals de l’époque. Que ceux qui veulent des preuves jettent un oeil sur le clip de Horsemen (rubrique video), ou plus simplement écoutent le deuxième album de The Bees, Free The Bees.
Si l’album commence un peu comme du Teenage Fanclub avec un son plus vintage, on s’aperçoit vite avec le single Wash In The Rain qu’on veut nous faire voyager dans le temps, et pas vers un futur incertain, mais les valeurs sûres du passé, soit rythme boogie, orgue, solo de gibson et chant à la Small Faces (tout au long de l’album, Paul Butler se révèle être un chanteur impécable). Le chaloupé No Atmosphere prolonge le délice, et les franges commencent déjà à pousser sur mon pantalon. Et ça ne s’arrange pas avec Horsemen qui débute avec un riff rock à la Rolling Stones-Led Zep avant un un refrain psychédélique. Chicken Payback apparait lui comme un hommage à Rufus Thomas et la danse et la fête accompagnent donc ce morceau. Incontournable dans toutes les soirées camping de l’été.
Même si à ce stade la meilleur partie de l’album est passée, ont ne peut tout de même qu’être impréssionné par la classe et le rafinement de Hourglass aux accents à la Syd Barrett ou de Go Karts et sa touche Beta Band maîtrisé. Ils osent même remettre le slow soul langoureux au goût du jour avec un I Love You à écouter de préférence bien accompagné.
Hormis un instrumental reggae qui s’essoufle au bout de deux minutes ( et qui en dure plus de cinq), les autres titres sont aussi agréables.
Ce deuxième album enregistré dans les studio d’Abbey Road n’est peut-être qu’un exercice de style mais il est formidablement réussi. C’est centré sur les années 65-67, et plus particulièrement sur les compilations Nuggets et The Bees ne s’est pas contenté de copier le son, ils ont écrit des chansons digne de ces deux coffrets.
The Bees - Free The Bees [Virgin - 2004]
- These Are The Ghosts
- Wash In The Rain
- No Atmosphere
- Horseman
- Chicken Payback
- The Russian
- I Love You
- The Start
- Hourglass
- Go Karts
- One Glass Of Water
- This Is The Land
Rating: 








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