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  • Salut les Kids.
    Quatre mois seulement après avoir sorti son premier album éponyme, Neil « Buffalo Springfield » Young nous revient avec ses chemises à carreaux, son chien, ses Crazy Horse et surtout un album qu’on écoutera encore dans 35 ans.
    Le premier album solo de Neil Young contenait plein de bon morceaux hélas souvent gâchés par une production un peu trop lisse. Et en écoutant les guitares furieuses de cette album on voit qu’il y avait eu erreur sur la personne. Putain, Neil est canadien, c’est un bûcheron et pas un de ces hippies californien. A l’image de sa pochette, il aime quand le grain est épais et sale. Et comme il aime aussi faire pleurer les durs au coin du feu, il nous sort aujourd’hui un grand 33 tours.

    Même si il semble partit pour une longue carrière solo il aime les clans et celui qu’il forme avec Danny Witten (guitare), Ralph Molina (batterie) et Billy Talbot (basse) est sacrément bon. Au point que le nom du chef Indien se retrouve collé à celui de Neil Young sur la pochette. La différence se fait surtout sentir sur les titres les plus rock de l’album, où l’assise rythmique du groupe permet à Neil d’improviser des solos furieux.
    Dès les premières notes de Cinnamon Girl, on a envie de bouger la tête de haut en bas. Bizarre. Mais la voix aérienne et aiguë de cet amateur d’harmonies vocales contraste divinement avec le son brut de la guitare pour en faire un morceau assez pop. Tout comme Everybody know this is nowhere et ses « la la la, la la la la ». Tout aussi voir encore plus réussi.
    Une fois passé ces deux morceaux (les deux plus court de l’album), c’est finis pour les charts. Round & Round (It won’t be long) avec sa guitare acoustique et les chœurs de Robin Lane est tout simplement magnifique. On peut la trouver un peu répétitive, mais c’est pour mieux parvenir à son but, soit nous faire pleurer comme des madeleines.
    « Be on my side/ I’ll be on tour side baby », c’est ainsi que commence les 9 minutes de Down by the river un rock mid-tempo avec guitare rythmique sec et nerveuse et un long solo totalement libre. Sur certain morceaux de l’album comme celui-ci Neil a dû écrire vite fait la mélodie et des bouts de paroles pour se concentrer sur le plaisir de jouer.
    The Losing End est un country-rock de première facture avec refrain à deux voix . Un peu moins original, mais le léger tremblement de voix donne toute la qualité à ce morceau.
    Running Dry est sous-titré Requiem for The Rockets soit le nom que portait le Crazy Horse avant de se lier à Neil Young. Et on imagine ce morceaux joué derrière un corbillard avec les sons aiguës et tire larme du violon. Le son donné à la guitare est parfait (reverb ou chorus je sais pas trop). Un slow mortel.
    Et on finit en apothéose avec Cowgirl in the sand . Plus de dix minutes de rock avec des guitares encore plus heavy et libres, une batterie qui s’emballe, le tout sur deux accords. Et pour cadrer ces parties instrumentales Neil a composé une bonne mélodie sur une fille inaccessible. Inaccessible comme l’est le niveau de cet album.

    Je ne sais pas si Neil Young poursuivra dans cette voie, mais peut-être que dans 20 ans, lorsque la musique ne se fera plus que sur synthétiseurs et ses descendants, de jeunes musiciens écouterons cet album et ressortiront les guitares et les chemises à carreaux pour faire du rock qui tâche.
    « Rock & roll will never die ».

    N.B. : Cet album est sortit en 1969 et à l’époque j’étais pas né.

    Rating: ★★★★★★★★★★


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