Fiery Furnaces - Blueberry Boat
Published by Raphaël février 24th, 2005 in Disques
Attention drogue dure.
Dans un moment de faiblesse, on écoute untel qui nous conseille de goûter un petit bout du Blueberry Boat des Fiery Furnaces.
Vas-y c’est cadeau ça peut pas te faire de mal, si tu te voyais, t’as mauvaise mine.
Et on cède.
La première lampée laisse un sentiment mêlé de complexité et de déjà entendu. En effet, on y avait déjà goûté il y a un an avec Gallowbird’s Bark, mais on était passé à autre chose, non sans s’en souvenir de manière fort agréable, mais la came était à l’époque coupée à la modestie. Mais en tout cas tout ça à un goût de reviens-y, vu que les effets restent encore bien mystérieux et puis, comme c’est indiqué sur la notice, ils sont de longue durée (prévoir au moins 76 min si vous avalez la pilule entière) alors les deux trois premières fois on a coupé la dose en trois puis en deux. Et puis finalement on se lance et on avale tout d’un coup. Et sans s’en rendre compte, au bout d’une semaine, on est accro. On a besoin de sa dose une à deux fois par jour (j’en suis là).
Ca pourrait s’appeller la drogue du réconfort, ça s’appelle Blueberry Boat et c’est le deuxième album de deux petits génies new-yorkais.
Les coupables : Eleanor et Matt Freidberger
Filiation : frère et sœur
Statut : fournisseur compulsif de très bonne came
Faits d’arme : après deux albums ils sortent un ep (pas encore testé), le tout en à peine deux ans et en remplissant les cd à ras bord.
Conclusion : grande menace, ils ne semblent pas près de s’arrêter.
Alors ça fait quels effets ?
Et bien on se met à entendre une musique idéale, avec un piano qui nous accompagne de bout en bout, une guitare qu’on dirait parfois tirée d’European Son du Velvet Undergrond comme sur Straight Street (jouissif !) et la voix simple et rassurante d’Eleanor qui nous raconte ses histoires enfantines (du moins en apparence), accompagné de temps en temps par son frère. Les titres sont souvent très longs (76 min, 13 titres faites le calcul) et on dénombre plusieurs titre qui n’ont rien à envier à A Quick One, While He’s Away des Who quant à la structure changeante et protéiforme. La puissance sonore est moindre par rapport à celle des Who, mais c’est aussi plus frais et il n’y a pas Roger Daltrey. Dans ses moments les plus énergiques, en plus du Velvet, les Kills traînent dans les parages même si l’ambiance est plus psychédélique (le Smile de Brian Wilson en version simplifiée, plus indie, sans chœurs mais avec autant de délices), le blues n’étant qu’un élément parmi d’autres de l’album. On peut entendre aussi des synthés libres alimentant divers bruitages, parfois accompagnés de boîte à rythme, mais qui débouche toujours sur des mélodies imparables comme avec Turning Around ou la fin très touchante 1917.
Si les morceaux les plus représentatif et marquant de ce disque sont les mini indie-pop-opéra (Quay Cur, Blueberry Boat ou Chris Michael)le groupe sait aussi raccourcir la durée pour signer deux trois tubes (Birdie Brain, My dog was lost but now he’s found) potentiels (dans un monde à inventer bien sûr).
La bonne nouvelle c’est que l’inspiration semble débordante et que l’on ne devrait pas avoir trop de problèmes à se fournir. Tout du moins si les dealeurs font correctement leur boulot.
Et alors ? Oui je suis accroc, et j’espère bien que vous le serez aussi bientôt. Je sais, je suis dégueulasse.
Fiery Furnaces - Blueberry Boat [Rough Trade Records - 2004]
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