Route Du Rock 2006 - Samedi
Published by Raphaël août 30th, 2006 in Concerts
Le lendemain, traditionnel tour à Saint-malo, pour se balader, se substanter, se reposer. On cherche la plage qui à encore bougé (et oui c’est possible). On finit par la retrouver, c’est pourtant simple c’est la seule plage estivale où la grande majorité des gens restent en chaussures (converse principalement) et t-shirt woak’n’wol (voire pull parce qu’il fait un peu frisquet). Accessoirement on peut y croiser Jack Lang et on peut y entendre Dimitri Plays faire le DJ, si on y prête une oreille. C’est pas trop mon cas et blue demon et moi préférons aller voir Micah P. Hinson au palais du grand large. Une fois sur place on apprend que l’élégant américain n’est pas là, qu’il est remplaçé par My Name Is Nobody et que l’emblème Coin ! n’ouvre pas toutes les portes (c’est dur à croire mais c’est pourtant vrai). Il faut prévenir la veille pour rentrer avec son pass presse au palais donc pas de My Name Is Nobody pour nous. Mais bon on s’en fout on l’avait déjà vu il y a un mois. Oui mais c’était bien donc on est un peu triste quand même. La veille on avait croisé Vincent Dupas alias My name is nobody à la billeterie du festival en tant que bénévole et un peu plus tard il profitait de mon état d’ébriété pour me vendre son très bon album (avec une réduc tout de même), un artiste polyvalent donc.
Pas de Stuart Staples non plus pour nous (mais il était bien présent au Palais) mais à la place Dillinger Girl & Baby Face Nelson qui réchaufferont la plage et chasseront les nuages. La charmante Héléna Noguera accompagnée à la guitare acoustique de Federico Pellegrini et de Stephane Louvain entament son set au grand air en toute simplicité. Des chansons entre pop et folk, entre anglais et français qui peuvent rappeler les premiers albums de Little Rabbits mais joué à la guitare acoustique donc, et plus basé sur la voix, Héléna et Federico se répondant, le charme du côté d’Héléna, la classe décontracté du côté de Federico. Le résultat est très agréable quand les morceaux sont bons (Changes, Work, Dillinger Girl, Love) , plus dispensable sur d’autres titres un peu ratés. Le concert se terminera par une adaptation d’Heart of Glass sympathique.
Retour au camping, apéro et donc pas de You Say Party ! We Say Die !
Je suis en train de faire la queue pour rentrer quand j’entends les premières notes de Your Kisses are wasted on me des Pipettes, un des titre les plus jouissif de l’année. Arrgh ! Bon c’est pas grave le premier album de The Pipettes contient pas mal d’autres tubes et on aura tout le temps d’admirer les trois charmantes demoiselles, robe à pois, grosse ceinture rouges accompagnées des Cassettes au look d’étudiant de campus américain. Leur pop sucrée est en provenance directe du son américain du début des années 60, une époque où Phil Spector, The Supremes et les Shangri-las régnaient en maître. Une parodie de Girl group, donc ? Sauf que le résultat est à la hauteur, les petites chorés sont délicieuses et ces trois filles et leurs compagnés savent écrire des tubes pop à vous donner le sourire illico-presto. Dirty Mind, Judy , ABC, des histoires filles légèrement rrriot girls ou juste le plaisir de la danse comme pour Pull Shapes et pour finir We are the pipettes. La soirée s’annonce très pop et insouciante. Parfait.
Les Belle & Sebastian, courtisés depuis un bon nombre d’années par la Route du Rock, arrivent enfin sur la scène du fort Saint-père et forcément on est un pas mal tassés. Et ça empêche de danser convenablement, comme la musique jouée ce soir par la troupe de Glasgow l’imposerai. C’est certes un peu dommage (comme le choix du polo de Stuart Murdoch) mais ça ne suffit pas à gâcher un concert totalement dédié à la joie (hormis pour le délicat Lord Anthony) , à la pop 60’s et 70’s (80’s aussi avec Electronic Renaissance) et à démontrer si c’était encore utile que ce groupe a écrit au fil des ans une des plus belle page de la pop. Pour cela les morceaux des début comme Expectation, Like Dylan in the movies, If you’re feeling sinister ou Le pastie de la bourgeoisie croiseront des titres plus récent comme Jonathan David, I’m a cuckoo, White collar boy ou We are sleepyhead. Pour finir en beauté, on aura droit à The boy with arab strap et à Judy and the dream of horses soit deux de mes titres préférés, en bref un très bon concert de Belle & Sebastian.
En attendant Cat Power qui est maintenant sobre, un petit tour au bar s’impose histoire de rattraper le manque à gagner causé aux brasseurs par ce revirement de Chan Marshall. Et par rapport à un concert précédent où Chan avait du mal à se rappeler de ses textes ou de ses accords tout en restant magique, le revirement fût fort. Tout d’abord elle est maintenant très entourée puisque le Memphis Rythm Band l’épaule avec ses choristes et ses musiciens surdiplômés. On aura droit d’ailleurs à deux titres un peu pénible sans la miss avant qu’elle n’arrive pieds nus, les cheveux tirés en arrière, assez méconnaissable mais toujours sublime (d’ailleurs entre Héléna, les Pipettes et Chan la journée fut très bonne esthétiquement parlant). Elle entame alors The Greatest, très belle ballade du dernier album, puis d’autres morceaux du même album. C’est interprété avec sincérité et émotion (comme sur Willie) mais des chœurs trop présents et l’aspect très propre du concert gâche un peu l’ensemble. Elle paraît heureuse alors que c’est plutôt son spleen que je lui préfère. On la retrouvera totalement lorsqu’elle sera abandonnée par son groupe, seule à la guitare pour de superbes reprises d’Hit the road Jack et d’House of the rising sun puis au piano pour I don’t blame you, prouvant encore une fois son statut de meilleur chanteuse du monde. Le groupe entier reviendra ensuite pour clore un concert un peu mitigé sachant ce qu’elle est capable de faire mais suffisamment émouvant pour me donner envie de faire une pause.
Ce concert clôturera la première partie de la nuit. La deuxième fût surtout pochetronne et fêtarde. Un squat au bar durant TV On The Radio donc je n’ai pas grand chose à en dire, ca m’a semblé un peu moins bien que lors de leur dernier passage à Saint-malo, mais je n’y mettrais pas ma main à coupé. Retour sur la piste (de danse) pour Radio 4 qui était chargé de faire bouger les guiboles et de finir les concerts du samedi. A cette heure on a bien plus de place c’est agréable. Si la réputation du groupe est d’être devenu un peu has-been, leur live est pourtant très efficace. Bien sûr tout le monde attend Dance to the Underground (j’attendais aussi Eyes wide open mais je n’ai pas étais entendu) , mais leur autres morceaux sont presque aussi bons, groovy et rentre-dedans : basse en avant et percussions folles.
C’est les jambes à plat qu’on regagne le camping mais comme c’est samedi soir ça ne m’empêchera pas d’attendre l’aube pour aller dormir, profitant d’un des seuls lieux où le tapage nocturne est toléré (mais pas toujours apprécié).
Photos: Vincent Maston
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