Route Du Rock 2006 - Dimanche
Published by Raphaël septembre 11th, 2006 in Concerts
Ayant pris mes précautions, j’ai pu assister le dimanche aux deux concerts du Palais du Grand Large, soit El Perro Del Mar, groupe suédois emmené par une grande fille nommé Sarah Assbring, et Isobel Campbell, ex-Belle & Sebastian qui traîne maintenant avec les vilains garçons. Il faut avouer que l’élément le plus agréable de ces deux concert était les larges fauteuils relaxant de la salle qui étaient d’un grand secours après la nuit agitée précédente et les conditions de travail générales assez moyenne du chroniqueur-rockeur-festivalier. Et donc ce qui devait arriver arriva, j’ai à moitié sommnolé. Plus pendant El Perro Del Mar vu que je n’aimais pas trop sa voix, trop « pure » et froide pour moi, et comme elle la met très en avant ça ne passait pas. En fin de concert, une petite ballade simple en suédois remonta un peu le concert.
Isobel Campbell a sortit récemment un album assez étonnant avec Mark Lanegan, leader des Screaming Trees qui n’était pas là aujourd’hui mais qui était remplacé par Eugène Kelly, écossais comme Isobel et surtout ex-songwriter des Vaselines. Si sa voix n’est pas aussi grave et intense que celle de Lanegan il s’en ai plutôt bien sortit. Le mélange avec la voix angélique et fragile d’Isobel est assez original, de la twee-pop jouée sur le cheval de Johnny Cash, il fallait y penser. Quelques passages ennuyeux tout de même. En rappel on aura droit à un Son Of a gun des Vaselines très agréable.
A la route du rock il y a toujours un groupe que je veux voir qui annule, cette année, c’était les Television Personalities (qui sont coutumier du fait il faut dire), il sont remplaçé par Grizzly Bear qui en remet donc une couche (mais au fort ce coup-ci) et que je raterai une deuxième fois, à croire que je leur en veux mais non c’est juste une question de timing. J’arrive donc pour les rafraîchissant Spinto Band, jeune (t’as ton bac ?) groupe américain que l’on pourrait définir comme un croisement des Beatles pre-66, de Weezer et de Pavement. Ils sont content d’être ici et ça se voit, surtout de la part du bassiste, guilleret comme un Mc Cartney sous amphet. On aura droit à un peu près tout l’album Nice and nicely done. Il faut dire qu’il est rempli de tubes : Brown Boxes et son intro au kazoo, Trust vs. Mistrust, Crack the whip, Late, Mountains, Spy vs. Spy et bien sûr Oh mandy. A part quelques imperfections aux chant (et encore ça a son charme) rien à redire.
La nuit tombe et après une petite attente, le messie arrive. Boxer blanc et rien d’autre si ce n’est une peinture du Christ côté face (ou côté ventre rebondi) et une croix côté pile. Ca à beau être la troisième fois en quatre mois, Philippe Katerine arrive tout de même à me surprendre. Comment ? En allant un peu plus loin à chaque fois, quitte à ce qu’un jour on le perde définitivement. Devant le public malouins il se la jouait manipulateur de foule (et foule il y avait) et on se retrouve en train de gueuler « ras le bol », « on est tous des imbéciles », « c’est fou comme on s’la pête » (au carré v.i.p. bien sûr) comme des moutons consentant. Alors que sur scène Katerine saute partout, joue la diva égocentrique mais follement drôle, nous « emmerde » de manière pas mal funky et aussi coupe le son…
Et les ex-little rabbits remettent ça pour un final borderline et très punk.
Encore un concert assez génial donc.
Franz Ferdinand qui assistait au concert sur le côté de la scène un peu halluciné n’a pas eu trop de mal a enchaîner, tout chez eux étant très pro, un peu trop d’ailleurs. Scène aménagée en congrès soviétique avec estrade rouge et immense affiche de propagande, enchaînement nickel des morceaux. Mais à côté de la folie surréaliste de Katerine c’est un peu fade par moments sans rien enlever à la qualité de leurs morceaux (enfin surtout de leurs morceaux du début). Un concert agréable mais pas suffisamment pour se lancer dans la foule et la danse.
Initialement prévu en début de soirée, Band Of Horses se retrouva finalement calé entre Franz Ferdinand et Chloé, un peu vilain petit poney. Un groupe peu connu qui sort son premier album ça n’attire pas la foule et c’est tant mieux vu que l’on peut s’approcher tranquillement et que la foule, au bout de trois jours, je commençais à en avoir marre. Ils appartiennent à l’écurie Sub Pop, ils viennent de Seatle et ils ne font pas du grunge même si ils font partie de ceux qui s’en rapproche le plus parmi les groupes présent cette année. Arrivé furtivement Ben Bridwell, le chanteur-guitariste, s’assit derrière une pedal steel guitar et nous emmène directement vers l’ouest quand ses accords de folk américain son propulsé par une voix haut perchée et puissante. Commencé doucement le cheval s’emballe par la suite quand Ben attrape sa guitare électrique et est rejoins par le groupe. La musique du groupe se fait alors épique et saturée. Ont croit entendre par moment les Flaming lips jouer en haut du grand canyon et je suis conquis par des titres sublime comme The Funeral et par les ruées électriques du genre Wicked Gil. Si une pointe supplémentaire d’originalité ne serait pas de trop, ce concert un peu surprise fut un des plus enthousiasmant du festival. En s’éclipsant aussi simplement qu’il était entré, Band Of Horses conclut magnifiquement une très bonne cuvée de Route du Rock.
Bon pour finir les jambes il y avait bien DJ Chloé qui suivait mais ça fait déjà un moment que j’ai lâché les boîtes de nuits, c’est pas pour me faire avoir bêtement parce qu’on est en plein air et que la demoiselle est programmé dans un festival avec « rock » dans le titre.
Le bar lui par contre ne m’a pas lâché (ou l’inverse), je me fais toujours avoir.
Et c’est fourbu mais content que la petite troupe quitta son campement de fortune et cette 16ème Route du Rock.
Photos: Vincent Maston
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