Akron/Family & The Angels Of Light
Published by Raphaël décembre 16th, 2005 in Musique, Disques
Les albums split sont en général périlleux vu qu’on se retrouve souvent assez vite à n’écouter qu’une moitié de l’album celle qu’on préfère en zappant le reste. Périlleux donc pour le groupe délaissé. Cet album n’échappe pas totalement à la règle vu que j’y ai découvert Akron/Family avec exaltation et Angels Of Light avec sympathie seulement, mais bon sympathie quand même.
Angels Of Light est le projet de Michael Gira, ex-leader des mythiques Swans et par ailleur chef du label Young Gods Records qui a recruté Akron/Family et qui publie donc ce split. Sept titres pour Akron/Family et cinq pour Angels Of Light.
Les deux groupes partagent un goût pour le folk et pour les digressions bruitistes mais se distinguent par la folie et le psychédélisme bien plus poussé chez Akron/Family. C’est donc vers ces derniers que ma préférence est allé.
Imaginez (imaginons plutôt vu que je ne sais pas du tout à quoi ils ressemblent) une bande de baba marchant plus au amphets qu’aux pétard, mais appréçiant aussi les descentes. Capablent d’ambiances post-rock ou folk sur lesquelles se pose des chœurs entre les Beach Boys et Beta Band comme sur Awake ou We All Will, ils peuvent aussi démarrer un morceau par un bruit de fou furieux avant de poursuivre en chorale pop ayant plus écouté Animal Collective que la BO des Choristes, de tenir la note jusqu’à l’épuisement avant que le groupe reparte en pleine période sixties avec un son de guitare joliement vintage. Une des particularité du groupe est de ne jamais (ou presque) chanter à une seule voix, s’y mettant toujours à 2, 3, 4 ou 20, je ne sais pas trop). Ca nous permet d’entendre de belles harmonies mais surtout de bons moments de délire collectif.
Une autre particularité c’est de nous offrir deux morceaux absolument extraordinaires. Dylan part II d’abord qui commence guitare-voix au fond du gouffre avant que les chœurs ne viennent soutenir le chanteur, puis le groupe dans un style Neil Young & the Crazy Horse, solos à l’appui puis un final déchirant pour la voix du chanteur et pour nous, le tout sur la seule et unique phrase du morceau. Raising the sparks commence lui chez les groupes Nuggets psychédéliques 60’s et c’est déjà formidable vu qu’on s’y croirait puis la folie gagne doucement et arrive encore une fois par les chœurs qui se mettent à chanter n’importe quoi (yah yah yah yah …) , le rythme s’emballe puis finit par s’imposer sur les autres instruments tandis que la chorale pête totalement les plombs. Ca peut soit faire peur, soit faire sourire, donner envie de jouer aux apaches autour d’un feu et décréter à la première écoute qu’on tient là la chanson de l’année.
Avec Angels Of Light on redescend de son trip en douceur avec une belle reprise d’un classique de Dylan (I pity the poor immigrant). La voix est grave mais chaude et si l’ensemble est plus folk il y a aussi pas mal de chœurs (ceux d’Akron/Family ?) et quelques passages assez barges et noisy aussi (The Provider, tout en progression). C’est donc aussi très agréable.
Bon bref j’ai encore dit n’importe quoi, c’est très bien les split-albums puisque j’y ait découvert deux bons groupes (dont un très bon) pour le prix d’un.
Akron/Family & Angels Of Light - [2005 - Young God Records]
Rating: 








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