La décentralisation ça a du bon ! Ainsi l’Etrange Festival, qui réuni des films à la marge, se balader en province ce week-end, au Lux à Caen plus particulièrement. Ca m’a permis de voir entre autre Teeth qui plus est en avant première.
Evidemment quand on lit l’intrigue ça intrigue: une jeune fille dotée de dents au niveau du vagin découvre sa sexualité…
Ah oui quand même, il fallait oser. Et en même temps on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Un film gore ? Un teenage-movie ? Un film féministe ? Une comédie limite ?
La bonne surprise c’est que l’on a le droit à un peu tout ça et avec un sens du dosage bien établis, sans un excès de tel ou tel ingrédient. Ainsi ce film n’est pas une succession de scène gore lassantes, ni un mélange lourdingue de Scream et American Pie, ni un manifeste féministe appuyé.
Dawn (Jess Winxler) fait partie du club de chasteté de son lycée, porte de « superbes » t-shirt roses bonbons avec des licornes dessus ou des inscription du style «warning : sex change everything ». Très investie et sincère dans son combat quitte à être un peu la risée du lycée elle est néanmoins attirée par le jeune Tobey (Hale Appleman) qui lui aussi partage ces valeurs mais disons de manière un peu moins formelle. Et la première expérience sexuelle de Dawn sera plus sanglante qu’une simple perte de virginité.
Son pseudo-frère (John Hensley, vu dans la série Nip/Tuck) est en fait le fils de son beau-père et surtout un connard fini au mode de vie à l’extrême opposé de la prude et fleur bleue Dawn.
On assiste à des ballades à vélos dans les banlieues middle-class américaine de jeunes en fille en fleur, à une certaine dénonciation ou tout du moins moquerie de l’Amérique puritaine et l’on se souvient de Virgin Suicides. Mais le film est traité avec beaucoup plus d’humour et de distance : certain dialogues et plans évoquent plus une série soap pour adolescent romantique et évidemment donnent envie de sourire et les scènes de castrations, qui laissent toujours échapper un « gulp », est surtout plus drôle qu’autre chose même si il n’y a pas de fausse pudeur dans le filmage. Notamment, la scène chez le gynéco, où on a le droit à un « Détendez vous, je ne mord pas » avant que ça ne dérape, est assez irrésistible.
Jess Winxler a un vrai talent comique avec ses attitudes de gentille fille sûr d’elle au début puis vite complètement larguée par son vagina dentata, avant qu’elle ne prenne possession de son corps et de son arme féministe. Elle a d’ailleurs reçu un prix au festival de Sundance.
En parlant de sexualité, viol, puritanisme, famille recomposée de manière à la fois légère et gore cette comédie poursuit la plutôt bonne lancée des films indé américains.
Teeth est le premier film de Mitchell Lichteinstein (fils du peintre pop-art Roy Lichteinstein)
Sortie le 7 Mai
Site du film
Rating: 









0 Responses to “Teeth”
Please Wait
Leave a Reply