Catégories

Evénements

  • mai 2008
    L Ma Me J V S D
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031 
  • Events


  • Rois et Reines

    thumb_4b979185ec301f15bad8dcaefdf9ae84-1736.jpgUn peu comme pour la musique, il existe pas mal de rivalité entre adeptes du cinéma français et adeptes du cinéma américain. Si effectivement pour la musique, la bataille risque d’être de courte durée, le cinéma français se défend quand même pas mal si on y prête un peu attention. Pas autant que le prétend le ministre de la culture vu que les tentatives de copie du cinéma américain ou les multiples films à l’esprit « grande vadrouille » sont presque toujours ratés mais lorsqu’il se cantonne au style qui fait la spécificité de la France depuis la nouvelle vague, une sorte de romanesque intelligent, il arrive à toucher juste. Arnaud Desplechin, chef de file il y a quelques années de la nouvelle nouvelle vague (des étudiants de la Femis), nous revient en grande forme. J’avais adoré son Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), film fleuve sur le passage à l’âge adulte, et ici il n’est pas loin de réussir aussi bien.

    Le film suit deux personnages qui ne se rencontreront que brièvement dans le film. Il y a d’abord Nora (Emmanuelle Devos), mère active, épanouie, sur le point de se remarier qui rend visite à son père et découvre que celui-ci est mourant, puis Ismaël (Mathieu Amalric), altiste excentrique et légèrement suicidaire qui se fait interner de force en hôpital psychiatrique.
    La caméra suit ces deux trajets où la famille tiendra une part imprtante, en parallèle.
    Si au début la folie et la drôlerie d’Ismaël captive plus que la froideur légèrement ennuyeuse de Nora, au fur et à mesure que Desplechin s’intéresse à Nora (plans « inutiles » sur Nora qui se recoiffe …) et que le personnage gagne en noirceur au cours des différents flash-back du film, elle devient plus antipathique mais paradoxalement son histoire touche de plus en plus. Quant à Ismaël, c’est le genre de foldingue qui donne un peu envie d’être foldingue (mais pas trop quand même) : drôle et colérique, déconnecté et pertinent (le dialogue avec le fils de Nora est à ce titre saisissant).

    Les acteurs sont tout simplement épatants. Toutes proportions guardées, Amalric est une sorte de croisement de Jean-Pierre Leaud et de Woody Allen, et Devos au jeu froid et décalé s’en tire à merveille. Les seconds rôles ne sont pas reste tous plus bons les uns que les autres comme Hypolite Girardot étonnant en avocat complètement speed.
    Outre le fait d’avoir su allier drame et comédie avec brio, ce film réussi à nous apprendre des choses sur la vie (ou à nous en donner l’impression tout du moins), chose très éloignée des intentions de la quasi-totalité des réalisateurs actuels.


    0 Responses to “Rois et Reines”

    1. No Comments

    Leave a Reply