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  • Lost in Translation

    Déjà posons le décor, je n’avais pas aimé plus que ça The Virgin Suicide, je crois que ça ne m’avait fait ni chaud ni froid et légèrement ennuyée. La hypitude de Sofia Coppola m’exaspère au plus haut point et j’étais tout de même assez méfiante quand j’ai vu ce film être comparé à In the mood for love. Pourtant, je ne demandais qu’à avoir une agréable surprise et j’étais in the mood pour être bon public ce soir.

    L’histoire racontée dans Lost in Translation est assez banale. C’est la recontre, dans un hôtel de luxe à Tokyo, entre Bob Harris, un acteur sur le retour un peu paumé, et Charlotte, la toute jeune femme d’un photographe, un peu délaissée par son mari et qui se cherche. Tous les deux semblent avoir le même sentiment de déphasage avec leur vie. Lui n’est pas très fier de venir pour tourner une publicité pour une marque whisky et ne se sent plus vraiment indispensable auprès de sa femme et de ses enfants. Elle, juste diplômée en philosophie, ne trouve pas sa voie et s’ennuie toute la journée en attendant son mari, qui est très occupé par son travail. Il y a le dépaysement. On les voit tous les deux totalement étrangers à Tokyo, comme imperméables à cette culture et incapables de se sortir de leur mélancolie. C’est cet isolement qui les rapproche petit à petit. Ce qui est ici très beau, c’est l’impression de voir deux âmes solitaires s’effleurer et se reconnaître. Il y a cette tendresse, sur fond de magnifiques paysages japonais ou de panoramas métropolitains vertigineux. Il y a la douce mélancolie. Pas de folle romance, pas de passion déraisonnée. Tous les deux semblent juste profiter de la compagnie de l’autre en gardant à l’esprit la certitude que tout cela n’est que passager. Pourtant il y a des maladresses. On peut être un peu choqué par la manière, très américaine dont ils se moquent du mode de vie des japonais. Certains gags peuvent manquer un peu de finesse aussi. Mais ce film a quelque chose d’attachant. On se reconnaît dans ce sentiment d’inadéquation, dans cette recontre platonique, lorsque l’on est porté par la douceur du regard de l’autre, sans vouloir quoi que ce soit de plus intense. Pour ne rien gâcher, les acteurs sont superbes, surtout Bill Murray, à l’humour et au charme impressionnant (une sorte d’alan, moins rock’n roll mais plus gentleman). Scarlett Johansson, un peu fadasse parfois, s’en sort plutôt bien aussi dans le genre gamine un peu blasée. En somme, ce film n’a certainement pas la grâce et la subtilité d’un In the mood for love*. Mais je lui ai trouvé une poésie et une beauté bien à lui, et c’est avec plaisir que je me suis plongée dans cet univers onirique. En tout cas, cela faisait longtemps que je n’avais pas autant aimé un film.

    P.S. Dis, janf, c’est aussi bien que ça le Japon? Je veux y aller, moi!

    * Spoiler : les adieux à la fin sont splendides, j’ai adoré le fait que leurs dernières paroles nous demeurent secrètes. Mais dommage, le baiser, même furtif, gâche vraiment tout.

    Rating: ★★★★★★★★☆☆


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