![]()
Seraing. 60 000 habitants. Wallonie. Province de Liège. Au bord de la Meuse. Lieu de déroulement des films des frères Dardenne.
Et le moins que l’on puisse dire c’est que Jean-Pierre et Luc Dardenne ne rend pas forcément service à la ville touristiquement parlant. Comme dans les trois autres films des frères (La promesse, Rosetta, Le fils), L’enfant nous montre un décor froid, gris, humide et surtout des conditions de vie plus que pénibles. Le film est encore une fois hyper réaliste et réussi parfaitement à faire rentrer ce mélodrame en plein dans le ventre, dans les tripes.
Le film commence sur Sonia jeune fille en mini-jupe assez enjouée malgrès le froid et les difficultés. Sa première difficulté est de retrouver le pére de son enfant qu’elle porte dans les bras. Leur appartement à été sous-loué pendant une semaine et l’accueil hostile qui lui est réservé par les locataires temporaires nous indique tout de suite qu’on ne va pas rigoler des masses. Les rapports humains entre belges seraient-ils essentiellement conflictuels ?
La première partie semble hésiter entre les deux réponses. Car si Sonia retrouve Boris assez vite leur relation est surtout basée sur des chamailleries enfantines (on se lance des caillous, on s’asperge de soda …) , mais l’ambiance se détend et finalement je me dis que j’ai peut-être été pésimiste quand au scénario, tout ne se passe pas si mal et je souris en même temps que les personnages du film.
Mais ce couple est tout de même en marge. Boris gagne de l’argent en volant les passants avec l’aide de deux adolescents et son intérêt pour son fils est disons limité. Il n’a pas rendu visite à Sonia à la maternité, c’est elle qui lui rappelle qu’il faut choisir un deuxième prénom et qu’il faut le reconnaître. Surtout il est imcapable de penser à l’avenir, dépensant immédiatement l’argent « gagné » pour louer une décapotable ou acheter un blouson en cuir, une sorte de punk version prolétaire, un « no future » de la crise économique. Il achète tout de même un landau et y restera accroché une bonne partie du film, c’est d’ailleurs l’image d’une femme promenant son bébé dans son landau avec violence qui a donné l’envie de ce film aux frères Dardenne.
C’est au cours d’une ballade en landau avec le petit bébé Jimmy que l’envie lui vient en tête aidé par une recelleuse qui lui en avait parlé un peu plus tôt. En une demi-seconde il décide de vendre son fils tout juste reconnut. C’est assez flippant de voir comment un geste aussi ignoble peut lui venir si rapidemment et si naturellement.
Evidemment tout ça va foirer mais je n’en dirai pas plus. A partir de là on est accroché par l’écran et le filmage caméra à l’épaule, au plus près du visage de Bruno (joué par Jérémie Renier déjà présent dans La promesse où il était alors adolescent).
La scène clef du film est une poursuite impressionante en scooteur lors d’un vol à la tire qui va se terminer dans l’eau glacé de la Meuse. On souffre avec les comédiens plongés dans l’eau . Cette scène en plus de déclencher la prise de conscience de Bruno vaut largement toutes les scènes d’action américaines pleines d’articices.
Les acteurs sont très bon notamment le jeune ado qui se retrouve à l’eau, et Déborah François, débutante qui joue Sonia n’est pas loin d’égaler Emilie Dequenne dans Rosetta.
L’enfant a obtenu une palme d’or au dernier festival de Cannes. Ca peut sembler un peu bizarre vu que c’était la deuxième pour les frères Dardennes et que le film est très proche des précédent que ce soit par le réalisme, les décors et les thèmes abordés (pauvreté, filiation) mais nul doute que si l’on prend en considération ce film tout seul (c’est ce que les jurés ont dû faire) ce film mérite probablement la palme (bon en même temps c’est pas comme si je voyais tous les films du festival de Cannes. Je sais c’est dingue mais on n’a pas encore d’accréditation pour le festival).
En conclusion, si un soir vous n’avez pas spécialement envie de rigoler, profitez-en pour aller voir L’enfant.
Rating: 








0 Responses to “L'enfant”
Please Wait
Leave a Reply