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  • Etrange festival 2003 - 1ère partie

    ef2003.gifL’étrange festival édition 2003 vient de se terminer. Les participants à cette 11è édition viennent de se prendre une dernière grosse claque avec le film de clôture…
    Mais commençons par le début.Tous les ans depuis 11 ans, le forum des Images situé au forum des Halles à Paris, passe de quelques dizaines de fidèles à quelques milliers, pour 2 semaines intenses et riches en projections et en émotions.
    Les places sont en vente une semaine avant l’ouverture, et au vu des chiffres de l’année dernière, on sait maintenant qu’il faut s’y prendre tôt pour pouvoir réserver ses places pour les films qu’on a soigneusement sélectionnés.

    On prend donc connaissance du programme, le « on » représente Stan et moi, puisque les autres Kettons préfèrent apparemment « le soulèvement des drôles de dames piratées aux Caraïbes ». Mais je ne vais pas épiloguer sur le sujet en m’embarquant sur des débats sur l’ouverture d’esprit et la soif de découverte… un autre jour peut être…
    C’est la quatrième année consécutive qu’on participe à ce festival.
    Je choisis donc pour ma part une dizaine de films sur les 50 présentés cette année.
    Je réaliserai plus tard que ça nous faisait au moins un film par soir du 2 au 9 septembre !
    Dans le lot il y a une nuit avec 3 films et une performance sur scène, très attendue la performance.

    On commence avec Inugami, de Masato Harada, réalisateur japonais à l’honneur cette année et qui présentera au cours du festival, cinq de ses films. Celui-ci est son avant-dernier et il date de 2001. Il nous fera l’honneur d’être présent à toutes les séances de ses films (en tous cas ceux que j’ai vu) et de les présenter.
    Inugami, l’esprit du mal est un très beau film, un peu long certes, j’ai du dormir quelques minutes sur les passages calmes (en commençant le festival fatigué je ne vous explique pas comment je l’ai fini!), mais chaque plan est pensé pour être joli à regarder, et les nombreux plans larges et panoramiques sont très recherchés et inspirent le calme et la paix, un peu à la Kitano dans son Dolls. Ceci contraste donc avec l’idée principale du scénario qui est la terrible malédiction qui pèse sur une brave famille japonaise. Cette malédiction empêchera t-elle cette fabuleuse histoire d’amour entre cette papetière (on a droit à de longues scène de fabrication du papier version artisanale, tout à la main) et ce professeur ?
    Bien écrit, un mélange de modernisme et de légendes anciennes du folklore japonais qui ne laisse pas indifférent. La pression monte jusqu’à la bataille finale, assez violente voire même gore. Un très bon souvenir du festival.

    Le lendemain on change totalement de registre puisque on a droit à un film du génialissime Russ Meyer, à savoir la vallée des plaisirs.
    Le titre original doit être Hollywood Vixens, ce qui ne veut rien dire. C’est donc traduit par la vallée des plaisirs, ce qui ne représente pas plus le film, mais qui a le mérite d’être relativement attractif.
    En plus, en tant que fan du Monsieur (merci à cdiscount de mettre les DVD de Vixens à 2€) il me manquait celui-ci et Faster Pussycat.
    Autant vous le dire tout de suite, « La vallée des plaisirs » est un chef d’œuvre ! Le pitch est le suivant : L’histoire hallucinante des Carrie Nations, un groupe de rock composé exclusivement de femmes qui débarquent à Hollywood pour devenir célèbres. Une ode à la décadence et aux fantasmes mammaires.
    Bon, pour ce qui est des fantasmes mammaires, il y en a moins que dans Mega Vixens, ou les autres films de Russ Meyer d’une manière générale. Par contre c’est vrai que côté décadence, on a droit à l’herbe, l’alcool, le Rock n’ roll et quelques autres drogues, et aussi des thèmes comme l’homosexualité, le sado maso… ce film date de 1970, ah on savait s’amuser à l’époque.
    Les filles et leur musique sont sympas, elles ne font pas semblant de jouer, enfin je veux dire qu’on dirait un vrai groupe, elles sont pleines de charmes et d’humour. D’ailleurs un second degré plane sur tout le film et c’est sûrement le plus drôle de sa carrière. La dernière scène est mémorable et on n’entend plus les dialogues tellement la salle est morte de rire.

    Le lendemain on revient à des choses plus sérieuses, quoique.
    Le bal du vaudou est un film contemporain d’Orange mécanique et est censé véhiculé les même thèmes. Et c’est là qu’on se rend compte que Kubrick était très fort et que le génie n’est pas l’apanage de tous les réalisateurs. Même si l’idée de départ est une bande de jeunes qui terrorise la ville, le scénario se perd dans un montage lent et imprécis. On ne sait plus si c’est la bande qui saute ou si le montage est vraiment fait à la serpe.
    Il reste quand même une scène de poursuite en voiture assez énorme (la poursuite, pas la voiture) qui se finit bêtement parce que le poursuivi se plante en moto environ à 15 Km/h dans un arbre qui traversait la route.
    Le réalisateur (Eloy de la Iglesia, qui a bien progressé depuis ce film de 1973) expose sa solution pour remédier à la violence, c’est là où ça ressemble quand même beaucoup à Orange Mécanique. Malheureusement, le film a très mal vieilli, et les années 2000 telles qu’on les voyaient dans les seventies font un peu pitié aujourd’hui.
    La conclusion, qui est sensiblement la même que celle d’OM, est ici assez ridicule, risible, et il est même préférable de la prendre au 2è degré, au moins elle devient drôle.

    Le deuxième film de Harada que nous allons voir s’intitule Call Girls (titre original Bounce-KoGals (1997)).
    En lisant le résumé « De jeunes lycéennes s’assurent un revenu en vendant leurs petites culottes ou en tournant dans des pinku » on ne sait pas trop à quoi s’attendre mais en fait le réalisateur nous explique que c’est une pratique et un phénomène assez répandu au japon. C’est donc ni drôle, ni sexuel, ni fait pour être beau (même si il y a un peu de tout ça par moments).
    C’est une satire sociale assez crue où l’on suit cette bande de lycéennes auxquelles on s’attache finalement. La mise en scène est classique et réaliste. On découvre et on comprend petit à petit l’engrenage et la machination dans lequel elles s’enfoncent.
    Masato Harada nous fera l’honneur de rester après la projection pour répondre aux nombreuses questions des spectateurs sur son film. Il nous apprend alors que les actrices du film sont pour la plupart des vraies Ko-Gals et que le phénomène, qui peut dériver jusqu’à la prostitution et la pédophilie, n’en est pas à ses débuts.
    C’est donc une réelle critique de la société japonaise, et le film a évidemment été boudé par la critique au moment de sa sortie au Japon.
    A noter que les films de Harada ne sortent pas en France, choix bizarre des distributeurs…
    Son dernier film s’intitule The choice of Hercules et est sorti eu Japon l’année dernière.

    A suivre…


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