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  • Canard palmé

    Festival du film de Caenheu d’Hérouville en fait, juste à côté

    En compétition :
    Séance de Kiyoshi Kurosawa - Japon 2002
    La vie est un miracle d’Emir Kusturica - France/Serbie-Montenegro 2004
    La mauvaise éducation de Pedro Almodovar - Espagne 2004

    Trois films qu’on ne peut pas définir comme étant exceptionnels, mais qui cependant sont intéressants et font leur petit effet.

    Séance est un film de fantôme japonais, genre à part , et devrait contenter les fans de Ring ou Dark Water, même si le résultat est moins réussi.
    Il faut dire qu’à la base ce film est un téléfilm, et ça se sent au niveau des moyens déployés et de l’ambition de l’auteur, par ailleur réalisateur des réputés Cure et Kaïro.
    Le film raconte l’histoire d’un couple rongé par l’ennui. Surtout la femme. Car si l’homme a son travail de preneur de son, elle reste à la maison. Pourtant son don de médium devrait lui offrir un peu de reconnaissance, mais ça n’est pas les quelques séances de spiritisme à domicile qui vont la combler. Et puis voir les morts ça pertube.
    L’arrivée accidentelle d’une petite file kidnappée recherchée par la police dans la maison peut donner l’occasion au couple de se faire valoir. Ou de courir à sa perte.
    La conjonction du film fantastique et du film de couple est trés réussie et originale. Le fantôme fait très Sadako et ses apparitions marquent. Scénario un peu poussif et effet spéciaux un peu cheap (oh la jolie marionette), mais l’ambiance et la mise en scène rattrape le tout.
    Attention, les fantômes ne sont pas là pour faire boouuuhh ! et nous faire peur mais pour nous suivre partout. Toujours. Une incarnation de la mauvaise conscience.

    Pas de grande surprise avec le nouveau Kusturica, on y retrouve les ingrédients de Chat noir, chat blanc et d’Underground à savoir fanfares, fêtes orgiaques, guerre, humour le tout en TGV.
    De train il est justement question ici puisque un ingénieur ferroviaire est chargé de relier la Bosnie et la Serbie. Hélas nous somme en 1992 et la guerre éclate. Son fils est fait prisonnier, sa femme est félée et le quitte. Heureusement il est chargé de guarder une otage musulmane pour l’échanger avec son fils. Mais l’otage ferait craquer n’importe quel tortionnaire serbe.
    Toujours un plaisir de voir ces personnages déjantés et ces maires corrompus. Car si la vie ne semble tenir qu’à un fil tout se fait avec un litre de vodka et un rail de coke dans le sang. Bref dans la bonne humeur. Evidemment ça s’accorde un peu moins bien quand les vrais tirs sont là (pas juste ceux qu’on tire en l’air durant les fêtes), et c’est ce qui me fait préférer chat noir chat blanc.
    Mais Kusturica impressionne vraiment par sa manière unique de filmer à cent à l’heure mais à cent mille lieux du cinéma hachuré et hormoné américain.
    Question interprétation, la femme zinzin en fait des tonnes, forcément, mais les animaux sont très bons et jouent un grand rôle dans l’histoire et puis l’actrice qui joue l’otage musulmane est rayonnante.

    Encore un cinéaste dont la réputation n’est plus à faire. Almodovar donc avec ici une histoire très masculine. Tendance homo. Dur à raconter .
    Les adolescents Ignacio et Enrique se sont aimés dans les années 60 dans une école religieuse chapautée par le père Manolo lui même amoureux d’Ignacio.
    Ignacio et Enrique se retrouve en 1980 et par l’intermédiare d’un scénario, La Visite, les souvenirs et les révélations se dévoileront.
    Almodovar a puisé dans son expériance personnelle des écoles religieuses et du milieu du cinéma du début des années 80. Et le film y gagne en réalisme et noirceur. On reconnait sa patte pour les belles couleurs, les chants espagnols ou encore le travestisement. C’est un peu moins mélo que Tout sur ma mère et c’est pas plus mal, et plus dur, aucun des personnages n’étant vraiment sympathique. Les meilleurs moments étant la description très stylisée de l’éducation catholiquo-fasciste. Si la succession de révélations finale est un peu moins passionante, par les thémes traités et les images, ce film est à voir.

    Palmarès:
    Palme de canard dorée : La Mauvaise éducation
    Prix du canard vert (de peur) : Sèance
    Prix qui canarde à tout va: La vie est un miracle


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