Big Fish / May
Published by Raphaël mars 4th, 2004 in CinémaBig Fish est le dernier film en date de Tim Burton, et forcément ça donne envie d’y aller.
Une des premières choses surprenantes de ce film est qu’il se passe ici et maintenant (en fait une partie du film se passe ici et maintenant), et pas dans un 19ème siècle lugubre (Sleepy Hollow) ou dans des 50’s stylisée (Pee Wee ou Edward aux mains d’argent), on y voit même des ordinateurs à écran plat. Et pas une antenne de martien.
Qu’on se rassure, l’étrange (un peu) et le féérique (beaucoup) sont présent. En fait ce film a pour thème l’art du conte.
Edward Bloom (interprété par Albert Finney) est mourrant et son fils veut absolument réussir à connaître la vérité sur son père avant que celui-ci ne meure. Car si son père est devenu très populaire auprès de son entourage grâce à tout les récits de ses aventures qu’il adore raconter, c’est au détriment de la sincérité, ces histoires étant toutes plus irréelles les unes que les autres.
Ainsi, on le découvre plus jeune (interprété par un Ewan Mc Gregor très winner) sur les routes de l’Alabama accompagné d’un géant de 4 mètres qu’il a sortit de sa grotte.
Ou enfant en train de visionner sa propre mort dans l’oeil de verre d’une sorcière.
En parallèle on assiste à la réconciliation entre le père et le fils.
Toute la partie récit est jubilatoire et on retrouve la patte de Burton au fil des images (Edward paysagiste au milieu de pavillons lisses 50’s, Edward perdu dans les bois au milieu d’araignées sauteuses), et on a droit à une histoire d’amour forcément exagérément pure et romantique.
La partie contemporaine, même s’il est traité de manière honnête, est moins intéressante car un peu trop Hollywoodienne. Le problème quand on est fan comme moi des films de Tim Burton, c’est qu’on a envie de reconnaitre sa patte dans chaque plan, soit sa naïveté, son goût pour le macabre et son romantisme. Et quand il s’en éloigne trop on est un peu déçu, c’est d’ailleur pour ça que je ne suis pas allé voir La planète des singes, ça sentait la trahison à plein nez.
La mort récente de son père a sûrement attiré Tim vers ce scénario. De toute façon je recommande vivement ce film pour tout ses moments drôles et rêveurs (voir par exemple la description de Spectre, paradis terrestre où tout le monde est tellement gentil est niais qu’Edward s’en échappe rapidement).
May pourrait être décrit comme une comédie sentimentale horrifique. May est le nom de l’héroïne, c’est une jeune femme maladivement complexée et timide, mais qui commence à en avoir marre d’être toute seule et qui est bien décidée à trouver l’homme parfait rapidemment. Ca tombe bien il y a ce type aux belles mains qui traîne à côté de son lieu de travail.
Ce qui il y a c’est que May est quand même sacrément bizarre. Une enfance sans amis hormis sa poupée aux yeux vitreux que tout gamin normal jetterais à la poubelle au bout d’une seconde. Un travail chez un véto ou elle s’occupe des cas les plus dégoûtants. Un petit faible pour le sang.
Résultat, les amis qu’elle se fait finissent par la lâcher, comme ce garçon qui l’aimait bien car il l’a trouvait “weird” qui finit par avouer “ça devient vraiment trop bizarre” avant de s’enfuir. La vengence approche.
Pour résumer, de bons moments d’humour noir , un hommage à Frankenstein et un crescendo dans le sang sympathique en font un bon film de soirée vidéo entre amis. Après il y a quand même un aspect teenage movie par moment et puis ces plans incessants sur la poupée sont assez lassant. Une scène assez forte pour finir, le moment où les enfants aveugles se jettent sur amas de verre cassé pour essayer d’attraper la fameuse poupée.
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