Interview de Tom Barman
Published by Raphaël octobre 19th, 2004 in ArtistesHé oui tout arrive, avec plus de deux mois de retard, voici la conférence de presse de Tom Barman faite quelques heures avant que son groupe dEUS ne monte sur la scène de la Route Du Rock.
Tom Barman - dEUS
…ou de faire des trucs complétement étranges et de mettre des sons d’oiseaux au-dessus et si ça se passe comme ça et si ça sonne bien on va laisser comme ça.
Va t-il y avoir des participant au prochain album, des gens qui sont déjà intervenus dans dEUS?
Non, pas vraiment, c’était aussi l’idée, on vaut garder ça entre nous cinq.
Sur de disque précédent tout le monde a fait beaucoup de pistes différentes, c’était vraiment des gosses dans un studio, comme ça on mélange une idée aux claviers et maintenant j’ai encore une idée sur la guitare avec le résultat qu’on avait besoin de 6 personnes pour jouer ça live, on a demandé à Tim de Millionnaire qui nous a rejoint. Maintenant on essaie d’être assez strict là-dedans. On a fait la blague quand on a commencé: on va faire un disque dogme avec des régles et bien sûr on l’a pas fait. Mais c’est bien d’avoir quand même quelques trucs auxquels tu te tiens. Et un de ces trucs c’est on ne va pas demander trop de guest, de faire ça Danny, Craig, Klaus, Stef et moi.
Est-ce que dEUS a encore des contacts avec les groupes qui gravitent autour de dEUS, et les aident ?
Si on peut prendre un groupe belge en première partie on le fera. Millionnaire ils sont en studio avec Josh Homme à L.A. donc il vont finir l’album je crois vers la fin de l’année comme nous, donc peut-être qu’on va [tourner] ensemble, peut-être qu’eux iront avec Queen Of The Stone Age qui est mieux pour eux. Mais aider, on se demande pas qui on peut aider maintenant, si ça se présente c’est bien, avec Stef je suis meilleur ami qu’avant donc on se voit plus qu’à l’époque où il jouait dans le groupe donc on verra, il y a beaucoup de groupe intéressants en Belgique donc si c’est possible, mais c’est pas vraiment un plan, on veut pas vraiment se catapulter comme aideur.
En Belgique, plus qu’en France, on sent une très grande influence anglo-saxonne
Moi je suis très mauvais pour analyser le bazar. C’est Morand (?) qui disait les anglais ont été éduqué par les Beatles, et nous par les magasins de disque
Par exemple au début on vous a beaucoup comparé à Captain Beefheart
Ouais c’est parce qu’on en parlait beaucoup. Mais j’ai toujours dit la Belgique c’est une éponge, c’est parce que c’est un petit pays. Mais je sais pas…
Gosse j’écoutais ce qui passait à la radio, Phil Collins ou Abba autant que des trucs moisi, et j’ai toujours garder ça, est-ce typiquement belge? Je sais pas , peut-être. Y’a peut-être une fantaisie. Si tu vois la peinture, la BD, la danse, il y a peut-être une fantaisie pas comme les autres, c’est peut-être ça, c’est peut-être nécessaire parce qu’on est un petit pays où il ne se passe pas grand chose qu’on a besoin de fantaisie et aussi, bien sûr ne pas avoir de traditions ça peut-être un mal, mais ça peut aussi être un avantage. Ca j’ai toujours dit, on est pas guitariste noir américain avec toujours Jimi Hendrix derrière lui, nous on a pas vraiment eu ça. On a eu TC Matic Heat dans les années septantes mais pas une tradition du rock belge où il faut faire gaffe aux parrains derrière nous. Donc peut-être ça. Pas le poids de la tradition et un peu plus de liberté et d’envie de faire des disques qui combinent les trucs américain avec une mélodie beatleasque et nous on aime bien ça.
Quel est le titre du film que vous avez réalisé ? En avez vous fait la musique ? Et êtes-vous pour l’interdisciplinarité avec d’autres formes d’art ?
Non le cinéma et la musique c’est assez déjà. Le film s’appelle ” Anyway the wind blows “, je l’ai sortit il y a un an et il va sortir maintenant dans les autres pays, il y a un mois en France, il a eu quelques mauvaises critiques, quelques bonnes critiques, il a eu 3 ou 4 milles personnes à Paris et c’est quelque chose que je voulais faire avant la musique donc j’ai pris le temps de le faire. C’est ce que j’avais étudié, j’ai jamais terminé parce que j’avais triché à un examen, ils m’ont viré de l’école et j’ai eu la chance que le groupe marche bien. A l’époque on avait signé un deal avec Island et puis je pouvais faire des vidéos pour le groupe donc j’ai eu la chance de travailler avec des techniciens pour la première fois, c’est comme ça que j’ai appris au fur et à mesure.
Bien sûr avec un long-métrage il y a des dialogues, des acteurs ça c’est nouveaux. Ca je l’ai appris en le faisant.
Après la tournée de dEUS je veux faire le prochain film, je suis calmement en train de préparer l’idée, le script, mais d’abord on va terminer l’album.
Et la musique du film?
Non, j’ai compilé mais il y 3 morceaux de Magnus mon autre groupe sur la BO Pour le reste il y a du jazz, JJ Cale, Squarepusher, Herbie Hancock, Charles Mingus. Donc c’est un mix qui va bien avec l’atmosphère du film, un film urbain de 8 personnages pendant 32 heures dans une ville et c’est assez éclectique.
C’est toi qui avait fait les vidéos pour The Ideal Crash ?
Oui à part Sister Dew, j’avais pas le temps.
Et c’était inspiré de quoi?
C’était l’époque où j’était complétement impressionné par un gang de danseurs d’Alain Platel qui m’ont inspiré beaucoup parce que c’était des gens très rock’n roll, très physiques et c’est des gens très intelligents mais ils parlent pas moi j’aimait pas trop la danse contemporaine, mais quand j’ai vu des trucs de Platel j’ai eu le même flash que j’ai avec les bons films ou les bons concerts de rock.
Je les ai rencontré et puis j’ai tourné une vidéo à Paris (Turnpike). Ca a un peu fait le tour du monde comme court mêtrage, j’ai gagné d’ailleurs un prix pour ça, c’était super, à Cannes au midem.
Et puis les rockeurs ils dansent pas. Tu vois des chorés dans les clips R’nB avec des jolies femmes avec des gros seins, des string et des trucs comme ça. Oui donc je disais, dans les groupes rock on voit jamais ça donc on a développé ça avec les danseurs même si c’était des chorégraphies assez simples, c’était sur la répétition, si il y 10 personnes qui font un mouvement stupide ça peut donner un effet.
L’image de l’album était issue d’une chorégraphie ?
Non, l’image de l’album c’était un photoshoot qu’on avait organisé et c’est une photo qu’on a pris de ça.
Ca correspondait à ton état d’esprit de l’époque ?
Ideal Crash, oui, c’était un disque assez lourd. Et certainement les paroles des années après ont une nouvelle dimension.
Ca fait quoi de rechanter ces chansons 5 ans après ?
Ceux qu’on trouve trop lourd on les joue plus. Je les ai fait acoustique ment et c’était assez destroy quand même. Et c’est bien, si tu ressent rien c’est qu’il y a un problême; si tu ressent une peine, c’est qu’une chanson, c’est pas des morts qui tombent, c’est pas des fusils, c’est qu’une chanson, mais c’est de ressentir quelque chose .
Au plan personnel c’est intéressant de voir ce les paroles te font après 5 ans, après 10 ans et que tu vois ce que tu pensait, c’est comme un cahier, un journal extraverti, que tu partage avec tout le monde, ça c’est intéressant.
Ce soir on va assister à un meddley…
Du rock. On va faire 4 nouveaux morceaux et pour le reste, quelques de Worst Case, quelques de In A Bar et quelques d’Ideal Crash et on a une heure et dix minutes je crois, et j’espère qu’il va encore pleuvoir avant le concert, comme ça il ne pleuvra pas pendant le concert.
Est-ce que récemment vous avez entendu un album qui vous a scotché ?
Le dernier Blur mais ça fait déjà un an, mais il est très produit aussi. Mais là c’est bien parce que l’écriture est superbe. Je crois que le morceaux qu’il a fait ” too busy lately “(chantonnant)
Out of time
Out of time… c’est d’une beauté énorme. Donc celui-là, le dernier de Rickie Lee Jones, j’aime beaucoup, mais j’ai pas acheté trop de disques. J’aimais pas le dernier de Daniel Lanois. Je suis un fan énorme mais je trouve que le dernier est un peu trop … Mais à part ça … Non j’écoute pas vraiment beaucoup de trucs qui sortent, j’ai comme ça 4 disques par année, pas plus.
Tu considère t’être fait un peu plaisir sur le disque que tu as fait avec tes reprises de Nick Drake, c’était pour faire une pause ?
Non, c’était parce que je sentait que j’était en train de tricher sur ma femme quand j’était en train de faire de la musique électronique. Y’avais comme ça un sentiment de … Je voulais go back to the rots of sonorisation. Pendant que je faisait de bang bang bang avec Magnus, le soir j’était en train de jouer Nick Drake et c’était une bonne balance. C’était un peu une culpabilité de ma part. Faut pas prendre ça trop au sérieux, mais j’en avais besoin quand même, d‘un côté me lancer dans des truc très nouveaux, drum‘ bass, l‘électro et puis de l‘autre côté de repasser vraiment très très loin dans les années 50 et 60 et septentes pour écouter l‘écriture de gens qui ont fait des chef-d‘oeuvre.
Quels sont les gens qui t’impressionnent en musique électronique actuellement ?
Je connais pas. J’écoute et j’achête, je regarde pas, je suis pas un trainspotting, je regarde pas les noms. Il y en a un ou deux que je connais, c’est Mathew Herbert, je l’aime beaucoup et Squarepusher, j’aime beaucoup. Mais c’est pas vraiment des gens… Ca c’est deux exceptions il font vraiment des disques, les autres ils font des maxis, et c’est bien pour 3 semaines, tu met ça, tu fous le club en l’air et puis t’en as marre.
Est-ce que vous vous souvenez pourquoi le nom dEUS et pourquoi la minuscule ?
Non, j’avais 17 ans donc forgive me, j’étais jeune quand j’ai choisit ce nom. Y’avait un morceaux de Sugarcubes, le 1er groupe de Björk, qui s’appelait dEUS et puis j’étais en latin-grec aussi à l’école. DEUS c’était l’idée d’un vieil ami artiste à moi de mettre le d en petit. Mais c’est bien en fait si les gens, si les journalistes respectent ça, tu ouvres un magazine tu vois immédiatement où ils parlent de toi donc c’est cool. Mais à part ça c’est un peu… C’est un nom que j’ai choisit il y a longtemps.
NDLR : les faute d’orthographes, c’est moi, les fautes de grammaire plutôt Tom.
NDLR : Après un mois de septembre difficile, annulation de concerts, départ de Craig Ward et Danny Mommens, le groupe reprend un peu du poil de la bête avec l’intégration de deux nouveaux, Mauro Pawloski et Alan Gevaert et la présence de Stef Kamil Carlens sur quelques titres du prochain album prévu pour 2005.
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