Le lendemain de leur très bon concert sur la plage de Saint-Malo, on retrouvait Eric Pasquereau le leader de The Patriotic Sunday pour une interview dans l’herbe au son des mouettes et des voitures de touristes, près du Palais du Grand Large.
A l’occasion de la sortie de leur nouvel album Characters le 26 octobre, il était plus que temps de publier l’entretien.
Au programme : pluie, 4 juillet, tigre, rap, indiens, vinyls et hardcore de l’est.
T’es habitué du festival ?
Ouais je suis déjà venu, la première fois en 98 pour flyer pour Labels et une autre fois quand il pleuvait à mort, l’année avec Blonde Redhead.
En même temps je suis pas toujours super fana de la prog, cette année c’est pas mal mais y’a des fois où c’est pas ouf.
Ca t’as rien fait quand on t’a dit que tu jouais ici ?
Ah si je suis content parce que ça veut dire qu’au mois après t’as fait les gros trucs, les gros festivals les moins dégeulasses. Parce que bon les autres festivals …
Pourquoi The Patriotic Sunday ?
En fait, quand j’étais plus jeune et que j’ai commencé à faire de la musique tout seul, j’avais trouvé ce nom là et je l’ai gardé, ça fait très longtemps … Mais ça n’a pas trop de sens … enfin si ça a un sens particulier : c’est quand le 4 juillet aux Etats-Unis tombe un dimanche. Mais sinon ça n’a quasiment aucun rapport avec ce que je fais.
Et jouer dehors avec la mer à l’horizon c’est sympa ?
C’était un peu Copacabana, c’est sympa oui. C’est mieux que de jouer dans le fort sous la pluie.
On n’a pas trop entendu le nouveau disque mais j’avais l’impression, par rapport aux concerts que j’avais déjà vu, que vous aviez un peu durci le son de Patriotic Sunday, je me trompe ou pas ?
En fait le truc c’est qu’à l’époque où l’on tournait avec ce projet là, il y avait pas de basse et surtout on n’avait pas enregistré l’album. Et depuis qu’on a fait l’album, vu qu’il y a plein d’arrangements, on a réécrit plein de parties. On s’est rendu compte, oui, que le disque était vachement plus dur que ce qu’on jouait avant. Donc on a repris des éléments comme ça et puis moi je joue de la basse alors que je suis pas du tout bassiste, on a complété un peu la musique.
T’as laissé tombé le côté bossa-nova ?
Oui parce que ça je le faisais tout seul.
Est-ce que Papier Tigre déteint sur Patriotic Sunday ?
Forcément un peu. La grosse différence, c’est que ça a déteint sur moi et donc le fait de jouer dans Papier Tigre ça a forcément influencé mon futur pour Patriotic.
Et ce sont les mêmes musiciens ?
Oui.
Et est-ce que c’est un peu démocratique ou pas ?
Non c’est moi qui décide, c’est purement dictatorial alors que Papier Tigre est plus démocratique.
Et puis l’idée c’est qu’avec Patriotic je peux revenir à faire des trucs tout seul, je peux faire un album de rap, je peux faire n’importe quoi.
Alors c’est pour quand l’album de rap ?
J’aimerais bien faire ça mais faudrait que ça soit bien, alors ça va prendre un sacré bout de temps.
T’avais rapé sur le disque de Stuntman 5 est-ce que vous envisagez de faire un disque de rap et de faire des concerts ?
Ca serait pas mal mais après faudrait que ça soit bien. C’est ça le problème parce que Stuntman 5 c’était pas hyper bien … enfin quand je rappais dessus.
Comment s’est monté ce collectif Effervescence ?
Ca s’est monté début 2000 avec des groupes qui étaient là dans la région, on a un peu mutualisé les moyens pour faire un label à Nantes. Et depuis 3 ou 4 ans c’est un peu plus pro, on a monté Murailles Medias qui fait tourner les artistes Effervescence et d’autres artistes aussi et voilà , le label a aussi un peu plus de cachet parce qu’il est un peu plus vieux et que les artistes font plus de concerts. Mais a la base c’était juste pour mutualiser les moyens …
Vous jouez souvent les uns avec les autres..
Oui il y a pas mal de gens qui jouent dans différents groupes parce qu’il y a des projets communs et c’est ça l’aspect collectif du truc. Même si au final il y a de plus en plus de vrais groupes et moins de collaborations; c’est à dire que les gens se mettent à 3, 4, 5 pour un projet et ils le tiennent et ils s’investissent plus dans ce projet plutôt que de jouer à droite à gauche.
Je sais c’est pas si c’est plus pro c’est peut-être que les gens on envie de finaliser un projet précis plutôt que de jouer à gauche et à droite.
(Est ce que quelqu’un veut une bière ?
ouais je veux bien.
est ce qu’on a un truc pour l’ouvrir ?
J’ai pas de briquet
j’en ai un
PLOC)
Athanas me demandait pourquoi tu ne chantais pas en français ?
Parce que j’ai vécu toute mon enfance aux Etats-Unis, que j’ai appris à lire et écrire là-bas et que j’ai une approche musicale qui est vraiment liée à la langue anglaise vu que quasiment tout ce que j’écoute est en langue anglaise et j’ai pas trop de références françaises.
Tu étais dans quel coin aux Etats-Unis ?
J’étais à Tulsa en Oklahoma, chez les indiens.
Avec Patriotic Sunday vous avez des dates à l’étranger ?
Là on fait plus de concerts en France pour avoir une bonne base, parce que là comme c’était que notre quatrième concert c’était encore un peu flottant … Et je pense qu’on fera une tournée en 2010, notamment en Allemagne, en Angleterre c’est sûr parce qu’il y a déjà des tourneurs qui veulent le faire mais là on va déjà essayer de tourner en France.
C’est cool parce que le concert de la Route du Rock ça a permit à plein de programmateurs de voir ce que ça rendait sur scène par rapport au disque.
Et c’est pour quand cette sortie d’album ?
Le 19 octobre donc sur Effervescence et il sort en vinyle sur un label qui s’appelle HipHipHip.
T’es attaché donc au format vinyle ?
Absolument, moi j’achète pas trop de CD j’achète quasiment que du vinyle , je pars du principe que j’aimerais bien … enfin si j’écoutais la musique que je faisais, j’aimerais bien l’écouter en vinyle.
Et qu’est-ce que tu écoutes ?
Pas mal de trucs différents. Les derniers trucs que j’ai acheté le dernier Cryptacize un groupe avec le premier guitariste de Deerhoof, j’ai acheté le Dan Deacon aussi qui est assez rigolo, là aujourd’hui j’ai écouté que Television dans la voiture, voilà. Et puis j’avais bien aimé le denier Animal Collective et puis dans truc un peu plus dur j’adore un groupe irlandais qui s’appelle Adebisi Shank, une espèce de math-rock futuriste qui est assez cool. Et puis dernièrement j’ai vu un putain de groupe de grindcore-punk un peu à la Dillinger Escape Plan qui s’appelle Escarre avec qui on a joué avec Papier Tigre et c’était vraiment mortel. Ils avaient des futes en cuir et jouaient le truc à fond. Donc Escarre, ils font parti de la Triple Alliance de l’Est, c’est les groupes de hardcore de là-bas à l’humour un peu néo-nazi.
C’est sur ce doux mot que l’on finit l’interview. Et avant de lever nos fesses de l’herbe on discute de l’avenir : le concert attendu de Bill Calahan qui aura lieux quelques heures plus tard; et la reformation de Pavement qui sera confirmée un mois et demi plus tard.
Myspace de The Patriotic Sunday
Collectif Effervescence
Papier Tigre
interviewers: Raphaël et Romain
2 Responses to “Interview de The Patriotic Sunday”
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