Interview de Blonde Redhead
Published by Raphaël mars 4th, 2005 in ArtistesAvant de parler de la prochaine édition de la Route Du Rock (en fait on en parle déjà un peu, Yo La Tengo et Wedding Present étant déjà annoncés), voici la retranscription de la conférence de presse de Blonde Redhead lors du festival l’été dernier.
Je viens de la retrouver.
Argh, non j’avoue je suis juste un peu feignant. Bon en tout cas c’est la dernière, profitez-en!
Ca fait un moment que Misery is a butterfly est sortit, comment se passe la tournée ?
Ca va
Est-ce que ça s’améliore, parce qu’au début, avec un nouvel album, il y a plus de préparation. Est-ce que vous vous sentez plus à l’aise pour jouer l’album sur scène ?
Oui, ça commence à devenir assez naturel, nous avons encore pas mal de travail à faire, mais on s’améliore. Je crois que quand on a commencé, c’était un peu dur parce que les nouvelles chansons sont si différentes des anciennes que lorsque l’on passe des anciennes chansons aux nouvelles ont était un peu désorienté, mais maintenant les choses se mettent en place.
Les gens ont des réactions diverses à propos de vous car vous aviez l’habitude d’être un groupe qui jouait de la musique noise classique de New-York et soudainement, ça s’est changé en quelque chose de plus mélodique et de plus arrangé, ça a commencé avec ce ep Mélodie Citronique. Pourquoi avez-vous évolué, est-ce que vous étiez fatigués de tout ce bruit ?
Non, mais on n’a jamais eu le sentiment que c’était du bruit, on a toujours eu l’impression d’écrire des chansons à la manière de ce qu’on fait aujourd’hui. Je crois qu’on apprenait à jouer de nos instruments et à chanter car Kazu et moi n’avions jamais chanté avant et Simone n’avait jamais joué de batterie. Donc on s’habituait à nos instruments et on faisait ce qu’on pouvait.
On faisait ce qui nous semblait naturel à ce moment là et puis on a eu besoin d’expérimenter d’autres choses. Y’a eu des changements dans le passé… Je crois que le premier album était en quelque sorte noisy, mais je ne sais pas si je l’appelerai noisy. Je trouve que La Mia Vita Violenta est très calme. Les choses ont évoluées graduellement jusqu’à ce que l’on fait maintenant.
Est-ce qu’il ya quelque chose de philosophique ou de politique derrière le titre Misery is a butterfly ?
Rien de politique je pense, mais faire ce que l’on fait ça revient à du politique, mais je ne sais pas trop comment l’expliquer.
Et sur le plan symbolique ou philosophique ?
C’est un peu philosophique dans un sens, une philosophie que même un bébé pourrait comprendre.
J’ai pensé un peu au sort des papillons et au poids que c’est d’être un papillon avec ces ailes si grandes par rapport au corps, mais sans leurs ailes, ils ne seraient que des vulgaires vers de terre, donc la misère du papillon est aussi positive pour lui.

Est-ce que vous pensez qu’il y a une connection au niveau du son entre l’Histoire de Melody Nelson et l’album ?
Je pense que Melody Neslon et un album étonnant à cause de l’ambiance ressentie tout au long de l’album et en plus d’avoir un superbe son . Je pense que pour notre album on voulait qu’il y ait aussi une ambiance particulière.
Celle de Melody Nelson ?
C’est pas vraiment possible de reproduire quelque chose du genre, mais ce qui était important pour nous c’est d’avoir une humeur, la nôtre. Mais on a pas pensé à cet album pendant l’enregistrement, c’est album qu’on aime et si tu concidère qu’il y a un lien on est flattés.
Avec Misery is a butterfly, en France, on parle de découverte de l’année et de groupe prometteur mais vous êtes présent depuis un moment. Est-ce que vous pensez que Misery is a butterfly est une sorte de nouveau point de départ pour vous, que le papillon s’échappe de sa chrysalide ?
C’est gentil, mais je ne sais pas si on est capable de commencer une nouvelle vie.
Est-ce que pour vous Misery is a butterfly est un nouveau débur ou est-ce dans la continuité de votre carrière ?
Je suis très contente que les gens y voient quelque chose de différent dans cet album parce que pour moi c’est toujours la même chose. Enfin pas vraiment, mais je n’entends pas vraiment … On dit que les précédent étaient agressifs et celui-là plus lisse, mais moi je le trouve assez violent. A la fin quand on a fini l’album, en le réécoutant, je me suis dis, c’est si violent, trop dur, je l’aurait voulu plus ambiant, mais je ne l’entend pas vraiment. Je me suis dit, on ne sera jamais capable de sortir du son pop-rock. Donc je suis très contente que tu trouves quelque chose de différent, j’espère que cet album nous donnera une nouvelle vie, je ne sais pas …
Comment ça se passe sur scène ? Parce qu’il y a un an vous essayiez de mélanger les vieux trucs avec les nouveaux, les titres calmes avec de vieux titres de l’album rouge ou même de Fake can be as good. Comment pouvez-vous mélanger ça pour le rendre homogène, est-ce dur ?
Je ne sais pas si … Y’a des nuits où ça marche et des nuits où ça ne marche pas. C’est pas comme si on avait la bonne setlist, si on l’avait tout serait parfait. Par exemple, hier en Suède on a joué quelques nouvelles chansons qui sonnaient mal et on a joué quelque vieille qui sonnaient bien et je ne sais pas pourquoi. D’habitude ce n’est pas comme ça, c’est assez imprévisiblele déroulement et la manière dont la setlist passera tel soir.
Vous n’avez pas encore une idée de la manière dont sa se déroulera ?
Je ne pense pas qu’on ait une idée du quoique ce soit de ce qui nous arrive sur scène jusqu’à ce qu’on s’en aille, qu’on finisse le concert et qu’on y réflechisse un peu. C’est très dur de contrôler la musique, c’est plus comme un animal dont on ne sait comment il va réagir.
Pensez-vous que votre son est unique ou que vous faite partie d’une tradition de musique rock. A New-York il y a une forte tradition musicale entre Sonic Youth, le Velvet, des trucs comme ça. Est-ce que vous pensez appartenir à cet tradition ou vous sentez-vous à côté ? Si vous deviez mettre un label à votre musique, vous diriez quoi ?
On s’est fait pas mal de bon amis, à Olympia, à Washington DC …
Dans les années 90 ? chez K records, Sub Pop ?
mmmh, chez Discord, Fugazi, Unwound et tout ces groupes avec qui on a joué sur scène, but malgrès ça on toujours fait notre truc et on a jamais été capable de se sentir appartenir à un mouvement.
Les gens ont souvent cité Sonic Youth surtout il y a huit ou dix ans, qu’est-ce que vous en pensiez ?
On en a eu ras-le-bol, mais on dirait que les critiques ont besoin de vous associer avec quelqu’un, ils n’ont pas la capacité de faire autrement. Tous ce qu’on a faitc’est produire des albums avec leur batteur, on n’avait jamais fait partie de cette scène, on est plus proche de Washington.
Vous êtes plus proche de Fugazi, Discord, des choses de ce genre ?
En ce moment on se sent plus proche de ce que nous faisons. Il y a beaucoup de groupes à New-York étonnants, on aimerait jouer avec eux comme avec n’impore quel autre bon groupe et partagé la scène parce que ça serait une bonne expérience musicale, mais on ne fait pas nécessairement partie d’une scène musicale.
Qu’est-ce que vous pensez de Liars, des Yeah Yeah Yeah’s, de TV on the radio ?
On les aime beaucoup. On va faire une tournée américaine avec le Liars de deux mois donc on va faire pas mal de concerts ensemble. Et on aime aussi TV on the Radio.
Vous vous sentez plus proche d’eux que des Strokes ?
Ils sont sympa aussi. Ils sont tous sympa.
Les gens parlent toujours de New-York parce qu’il semble y avoir un fux important de groupes.
C’est bien mais … C’est bien d’avoir de bon groupe, mais ça ne te donne pas le pouvoir d’écrire une bonne chanson. Une centaine de bon groupe peuvent exister sur 30 m², ça ne vous donne pas pour autant la force de faire des chansons incroyables. On ne peut pas se dire qu’ils peuvent nous donner une sorte de cadeau spécial. C’est bien d’être inspiré mais c’est à nous d’essayer de faire des chansons décentes.
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